témoignage

 » L’accouchement est trop associé aujourd’hui à la maladie et à un contexte de peur »

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Madame,

Je me permets de vous écrire afin de témoigner sur mon choix de l’accouchement à la maison et l’importance que cela a pour moi et sans doute pour d’autres femmes.

Responsable communication d’une filiale d’un grand groupe énergétique, j’ai fait le choix d’accoucher à la maison avec une sage-femme compétente, en toute sécurité pour me permettre d’accoucher à deux reprises dans les meilleures conditions possibles.

Qu’est ce qui a motivé ce choix ?  Les raisons sont avant tout d’ordre psychologique. Une grande sensibilité face à une perception du monde hospitalier froid et dur. Un besoin de pouvoir faire ce que je sentais durant mes accouchements et surtout me sentir en sécurité, ce qui n’est pas mon cas dans les hôpitaux.

En effet, dans mon enfance j’ai été malade et j’ai passé du temps dans les hôpitaux qui sont synonymes pour moi d’angoisses, de peur, de maladies et de mort mais certainement de joie. Je ne m’y sens pas en sécurité. Je souhaitais décorréler l’accouchement de la sensation de maladie que j’ai trop bien connu dans l’univers hospitalier.

L’accouchement à la maison a été pour moi la meilleure façon de réunir toutes les chances d’un accouchement qui se déroule bien et c’est ce que j’ai fait. J’ai eu deux superbes accouchements, des moments empreints de poésie et d’amour. J’ai pu me détendre et accueillir mes enfants au son de la musique classique, chez moi, avec mon mari et me sentant maitre de ce qui se passait. J’étais en pleine possession de mes moyens pour faire face à la douleur dans un premier temps puis pour accueillir mes enfants dans la joie, la paix et la tranquillité.

Madame, l’accouchement est trop associé aujourd’hui à la maladie et à un contexte de peur. L’univers hospitalier n’est pas adéquat pour certaines femmes. Laissez la possibilité à des femmes de pouvoir avoir cette liberté, de goûter à ce plaisir, de faire ce qui leur semblent bon de faire dans un cadre sécurisé.

Bien cordialement

« Après quoi la vie a repris son cours (presque) ordinaire »

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Madame,

Puisque l’accouchement à domicile est une question d’actualité, je me permets de vous apporter notre témoignage.

Nous sommes parents de deux filles de 9 et 11 ans, et d’un petit garçon de 1 an.

Tous les 3 sont nés à la maison. Nous avions fait ce choix malgré la présence à 40 minutes de notre domicile d’une petite maternité engagée depuis longtemps dans une démarche de respect du processus physiologique, du choix des parents, et soutenant activement l’allaitement maternel. Je n’avais jamais été hospitalisée et l’endroit ne me paraissant pas idéal pour accueillir un nouveau né. Ayant par ailleurs, c’est vrai, une certaine méfiance envers « le corps médical » (qui malheureusement depuis est allée en grandissant…) et connaissant quelques cas dans mon entourage de couples ayant choisi la naissance à la maison, j’ai fini par convaincre le papa et nous avons donc contacté celle qui aura suivi d’un bout à l’autre mes 3 grossesses: une femme vraiment formidable, qui, le moment venu, sait se faire à la fois présente et discrète, en qui nous avons une confiance absolue. Dans quelle structure hospitalière peut on espérer une telle relation avec un soignant?

Le petit dernier est arrivé à 2h du matin. Les futures grandes sœurs, curieuses, ont pu suivre l’événement à la distance qui leur convenait (c’est à dire: pas trop près, mais pas trop loin non plus!) et c’est tous ensemble que nous avons accueilli le bébé. Après quoi la vie a repris son cours (presque) ordinaire.

C’était parfait, et très différent de ce que peuvent proposer maternité et maison de naissance, quelque soit leur qualité. NOUS VOULONS JUSTE AVOIR LE CHOIX. Si ce choix est théoriquement possible. En pratique, ce n’est pas si simple : faible nombre de sages femmes pratiquant l’AAD, pressions diverses qu’elles subissent pour elles mais aussi pour les couples faisant ce choix. Si j’ai parfois ressenti une hostilité contenue de la part des professionnels de santé, je dois dire que cela s’est plutôt bien passé, mais je sais que ce n’est pas le cas de tous.

Nous comptons sur vous pour défendre activement notre liberté de choix.

« J’ai choisi d’accoucher à domicile à la fois pour la simplicité et le luxe que cela représente »

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Madame, Monsieur,

Je suis une maman de 3 enfants, le premier est né en maternité, les 2 suivants sont nés à la maison, avec ma sage-femme.

Je souhaite apporter mon témoignage pour soutenir l’accouchement à domicile afin que ce choix continue d’exister en France. Le contexte actuel semble très perturbé, et il ne me semble pas normal que l’offre de soins se réduise en France faute d’accord, par exemple sur le problème d’assurance des sages-femmes faisant des accouchements à domicile.

Comme vous le savez certainement, seuls les accouchements qui ne sont pas à risque peuvent avoir lieu à domicile, sachant que la sage-femme est compétente pour intervenir et détecter tout problème qui nécessiterait un transfert en maternité. Pour ma part, j’ai toujours été inscrite en parallèle en structure et toutes mes visites de préparation s’y sont déroulées correctement avec des échanges ouverts, que cela soit avec l’anesthésiste ou ma gynécologue – alors même que j’évoquais mon projet d’accouchement à domicile. Il ne s’agit pas donc d’un rejet d’un accouchement en structure – je n’ai d’ailleurs pas de « mauvaise » expérience – mais plutôt d’un choix éclairé. Lire la suite »

« On ne me volera plus un moment si unique, si intime. C’est une trop grande blessure dans la vie d’une femme. »

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Madame la Présidente,

Maman de deux enfants, mon expérience lors de ces 2 grossesses et accouchements est bien différente. La vie a fait qu’ils se sont déroulés avec 10 ans d’écart. Cela m’a permis de m’écouter, me renseigner et de tout mettre en œuvre pour que le dernier se déroule dans le respect. J’espère bien que pour le 3ème je puisse aller jusqu’au bout de mes souhaits.

Je suis une personne qui va très peu voir le docteur. Tant mieux pour moi, me direz-vous, mais ce n’est pas seulement la chance de ne pas tomber malade, j’y vais quand vraiment cela est nécessaire. Je n’allais pas changer de point de vue en étant enceinte. Pour les 2 grossesses, j’ai eu un suivi personnalisé. Avec mon médecin généraliste pour la 1ère et une SF libérale pour le 2ème. Le souhait d’accoucher à domicile était déjà présent pour ma 1ère grossesse, seulement à l’époque je pensais qu’il n’y avait pas besoin de suivi particulier. Je m’y suis prise trop tard…

Nous avons préparé l’arrivée de bébé 2 pour un AAD. Tout au long de ma grossesse, j’ai pu installer une relation de confiance avec la SF. Elle ne m’a pas forcé ou culpabilisé par rapport à des examens médicaux faits automatiquement alors qu’ils ne sont pas obligatoires et effectués alors que la pathologie n’a pas lieu d’être (j’avais également un suivi gynécologique, je ne savais pas qu’une SF peut le faire, mais j’ai bien vite arrêté car toucher vaginal à chaque fois, 15 mn accordé et en plus sans le moindre sourire). Elle m’a indiqué des lectures sur l’accouchement physiologique. Et la chose la plus importante qu’elle m’a enseigné pendant toute cette préparation, c’est de me faire confiance. J’ai eu besoin de lui parler franchement et je n’aurais pas pu le faire sans que la confiance soit installée. Mon ami (pour qui c’était le 1er) a été écouté et rassuré. Il avait peur de « tourner de l’œil », la SF nous a donc proposé qu’une personne nous assiste au cas où. Pour lui c’était important que j’ai quelqu’un de proche à mes côtés si lui ne pouvait rester jusqu’au bout. Lire la suite »

« On m’a soupçonnée de ne pas vouloir le bien de mes enfants »

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Madame la Présidente,

Par la présente, je souhaite aujourd’hui témoigner en tant que femme, et en tant que mère, ayant eu la chance de mettre au monde mes deux enfants à domicile, accompagnée d’une sage-femme libérale qui a également suivi mes grossesses, ainsi que les suites de ces deux accouchements.

Il ne s’agit pas ici d’opposer la naissance à domicile à la naissance en milieu médicalisé, pas plus qu’il n’est question de démontrer la supériorité de l’un ou de l’autre. Il s’agit simplement « d’offres » différentes, ne s’adressant pas nécessairement à la même patientèle, porteuses chacune d’avantages et d’inconvénients. Je ne m’attarderai pas dans ce courrier sur les prétendus risques bien souvent liés par méconnaissance ou par peur à l’accouchement à domicile : mon cas, que j’évoquerai ici, est parfaitement représentatif du traitement habituel d’une grossesse physiologique, suivie par une sage-femme qualifiée et expérimentée, comportant peu ou prou les mêmes examens au cours de la gestation que lors d’un suivi hospitalier, permettant donc de sélectionner les profils « à bas risques » comme étant éligibles à un accouchement à domicile.
De par votre fonction, vous n’êtes pas sans savoir que toutes les études sérieuses disponibles à ce sujet (notamment dans d’autres pays européens chez qui l’accouchement à domicile fait partie intégrante de l’offre de soins disponible) montrent que cette sélection rigoureuse des profils « à bas risques » permet d’obtenir des résultats périnatals aussi bons, voire meilleurs (si, au-delà des taux de mortalité, on prend en compte également les données concernant le nombre d’actes médicaux effectués et le nombre d’extractions instrumentales), que les résultats obtenus en milieu hospitalier. Lire la suite »