CNOSF

« J’étais devenue accompagnée par le corps médical et non pas précédée par lui »

Publié le Mis à jour le

Je prends connaissance avec retard de l’appel à témoignage lancé par le Collectif de Défense de l’Accouchement À Domicile. Par la présente je souhaite vous faire part des raisons qui ont présidé à mon choix d’accompagnement global et d’accouchement à domicile pour mes deux enfants actuellement deux et quatre ans.

Je ne m’étais jamais posé de questions au sujet de la grossesse « en général » avant d’être enceinte. Les premiers rendez vous médicaux qui ont jalonné les premiers mois de suivi de grossesse pour mon premier enfant m’ont rapidement amenée à me questionner. J’étais insatisfaite du manque d’écoute du fait d’un temps de consultation très réduit. En parallèle je trouvais excessif le nombre et la fréquence des rendez vous ou examens. J’ai mal accepté d’être considérée comme une malade potentielle plutôt qu’une femme en pleine forme jouissant d’une belle grossesse.

Toutes mes attentes ont été comblées en commençant un parcours qu’on qualifie d’accompagnement global, notamment du fait des relations privilégiées qui se sont nouées avec la sage femme. Je me suis sentie écoutée, entendue, respectée dans mes choix et surtout totalement responsabilisée. J’étais devenue accompagnée par le corps médical et non pas précédée par lui. Je suis convaincue que ce parcours a contribué à faire de moi et de mon compagnon des parents confiants et capables.

Nous avons déménagé dans un autre département après la naissance de notre aîné. La sage femme qui nous a suivi pour mon second enfant a depuis cessé les accouchements à domicile en raison des diverses pressions subies par la profession, et notamment l’impossibilité de contracter une assurance professionnelle à des tarifs compatibles avec son chiffre d’affaire. Si la question d’un troisième enfant doit se poser c’est par défaut que je m’orienterais vers une maternité en privilégiant un plateau technique, si celui d’Orthez existe encore.

Il me semble que les conditions de travail et les contraintes inhérentes au fonctionnement des maternités peuvent jouer en défaveur de la santé de la parturiente et de son enfant. J’ai dans mon entourage un panel assez large et représentatif de parents ayant donné naissance dans des maternités de tous niveaux et dans plusieurs départements. Leur vécu illustre clairement la confiscation de l’accouchement par le corps médical et son corollaire : le recours à des pratiques intrusives qui, si elles sont parfois nécessaires, ne doivent pas pour autant être généralisées en routine : déclenchements, péridurales, épisiotomies, césariennes pour ne citer que les plus courantes.

Enfin, j’ai plusieurs fois fait le calcul du coût d’un suivi global et d’un accouchement à domicile par rapport à un suivi médicalisé conventionnel et il est indéniable que ce dernier est bien plus onéreux. Mais ce dernier argument ne s’intéresse qu’aux financiers, j’espère que vous retiendrez plutôt le côté humain de ma démarche et la sécurité apportée par le bien être procuré à la parturiente.

Veuillez agréer mes salutations cordiales,

Publicités

« Tout pourrait être si simple ! »

Publié le Mis à jour le

Madame, monsieur,

Je viens, par la présente, témoigner de mes accouchements, dont le premier s’est déroulé, en mars 2010, à la maison. J’ai désiré avec mon compagnon que cet instant précieux ait lieu à domicile car je le voulais unique, accompagné des personnes de mon choix et dans le cadre familial, pour accueillir cette nouvelle vie sur Terre. J’estime que l’on se doit d’accueillir comme nous le désirons nos enfants au moment où ils respirent pour la première fois l’air de cette planète: quoi de mieux que leur propre maison, si cela leur est possible?

J’ai donc accouché à domicile pour mon premier enfant, M., et cela reste un des plus grand, beau et fort souvenir de ma vie: une sage-femme exceptionnelle et rassurante (XX, qui s’est hélas radiée…), un cadre qui n’a pas changé entre les premières contractions et la phase ultime : cela est crucial car aucun stress (lié au transport, à l’arrivée en salle prépa, puis en salle d’accouchement, à l’intrusion de personnel inconnu…) ne vient troubler ce qui se présente comme une suite logique de la journée commencée…

Autre atout : on est dans un climat de confiance, on sait qu’on n’est peu nombreux (mari, SF, moi…) et qu’il faut que l’on compte les uns sur les autres – et particulièrement sur soi-même – pour ce temps fort.

En accouchant dans ces conditions, on découvre aussi toutes les ressources que nous possédons, nous les femmes, pour canaliser toute notre énergie à donner la vie : instant de révélation dont on nous prive si, en milieu hospitalier, on sait que l’on peut se reposer sur diverses interventions extérieures, qui finalement nous dépossèdent de nos valeurs, de notre courage… Lire la suite »

 » L’accouchement est trop associé aujourd’hui à la maladie et à un contexte de peur »

Publié le Mis à jour le

Madame,

Je me permets de vous écrire afin de témoigner sur mon choix de l’accouchement à la maison et l’importance que cela a pour moi et sans doute pour d’autres femmes.

Responsable communication d’une filiale d’un grand groupe énergétique, j’ai fait le choix d’accoucher à la maison avec une sage-femme compétente, en toute sécurité pour me permettre d’accoucher à deux reprises dans les meilleures conditions possibles.

Qu’est ce qui a motivé ce choix ?  Les raisons sont avant tout d’ordre psychologique. Une grande sensibilité face à une perception du monde hospitalier froid et dur. Un besoin de pouvoir faire ce que je sentais durant mes accouchements et surtout me sentir en sécurité, ce qui n’est pas mon cas dans les hôpitaux.

En effet, dans mon enfance j’ai été malade et j’ai passé du temps dans les hôpitaux qui sont synonymes pour moi d’angoisses, de peur, de maladies et de mort mais certainement de joie. Je ne m’y sens pas en sécurité. Je souhaitais décorréler l’accouchement de la sensation de maladie que j’ai trop bien connu dans l’univers hospitalier.

L’accouchement à la maison a été pour moi la meilleure façon de réunir toutes les chances d’un accouchement qui se déroule bien et c’est ce que j’ai fait. J’ai eu deux superbes accouchements, des moments empreints de poésie et d’amour. J’ai pu me détendre et accueillir mes enfants au son de la musique classique, chez moi, avec mon mari et me sentant maitre de ce qui se passait. J’étais en pleine possession de mes moyens pour faire face à la douleur dans un premier temps puis pour accueillir mes enfants dans la joie, la paix et la tranquillité.

Madame, l’accouchement est trop associé aujourd’hui à la maladie et à un contexte de peur. L’univers hospitalier n’est pas adéquat pour certaines femmes. Laissez la possibilité à des femmes de pouvoir avoir cette liberté, de goûter à ce plaisir, de faire ce qui leur semblent bon de faire dans un cadre sécurisé.

Bien cordialement

« Après quoi la vie a repris son cours (presque) ordinaire »

Publié le Mis à jour le

Madame,

Puisque l’accouchement à domicile est une question d’actualité, je me permets de vous apporter notre témoignage.

Nous sommes parents de deux filles de 9 et 11 ans, et d’un petit garçon de 1 an.

Tous les 3 sont nés à la maison. Nous avions fait ce choix malgré la présence à 40 minutes de notre domicile d’une petite maternité engagée depuis longtemps dans une démarche de respect du processus physiologique, du choix des parents, et soutenant activement l’allaitement maternel. Je n’avais jamais été hospitalisée et l’endroit ne me paraissant pas idéal pour accueillir un nouveau né. Ayant par ailleurs, c’est vrai, une certaine méfiance envers « le corps médical » (qui malheureusement depuis est allée en grandissant…) et connaissant quelques cas dans mon entourage de couples ayant choisi la naissance à la maison, j’ai fini par convaincre le papa et nous avons donc contacté celle qui aura suivi d’un bout à l’autre mes 3 grossesses: une femme vraiment formidable, qui, le moment venu, sait se faire à la fois présente et discrète, en qui nous avons une confiance absolue. Dans quelle structure hospitalière peut on espérer une telle relation avec un soignant?

Le petit dernier est arrivé à 2h du matin. Les futures grandes sœurs, curieuses, ont pu suivre l’événement à la distance qui leur convenait (c’est à dire: pas trop près, mais pas trop loin non plus!) et c’est tous ensemble que nous avons accueilli le bébé. Après quoi la vie a repris son cours (presque) ordinaire.

C’était parfait, et très différent de ce que peuvent proposer maternité et maison de naissance, quelque soit leur qualité. NOUS VOULONS JUSTE AVOIR LE CHOIX. Si ce choix est théoriquement possible. En pratique, ce n’est pas si simple : faible nombre de sages femmes pratiquant l’AAD, pressions diverses qu’elles subissent pour elles mais aussi pour les couples faisant ce choix. Si j’ai parfois ressenti une hostilité contenue de la part des professionnels de santé, je dois dire que cela s’est plutôt bien passé, mais je sais que ce n’est pas le cas de tous.

Nous comptons sur vous pour défendre activement notre liberté de choix.

« J’ai choisi d’accoucher à domicile à la fois pour la simplicité et le luxe que cela représente »

Publié le Mis à jour le

Madame, Monsieur,

Je suis une maman de 3 enfants, le premier est né en maternité, les 2 suivants sont nés à la maison, avec ma sage-femme.

Je souhaite apporter mon témoignage pour soutenir l’accouchement à domicile afin que ce choix continue d’exister en France. Le contexte actuel semble très perturbé, et il ne me semble pas normal que l’offre de soins se réduise en France faute d’accord, par exemple sur le problème d’assurance des sages-femmes faisant des accouchements à domicile.

Comme vous le savez certainement, seuls les accouchements qui ne sont pas à risque peuvent avoir lieu à domicile, sachant que la sage-femme est compétente pour intervenir et détecter tout problème qui nécessiterait un transfert en maternité. Pour ma part, j’ai toujours été inscrite en parallèle en structure et toutes mes visites de préparation s’y sont déroulées correctement avec des échanges ouverts, que cela soit avec l’anesthésiste ou ma gynécologue – alors même que j’évoquais mon projet d’accouchement à domicile. Il ne s’agit pas donc d’un rejet d’un accouchement en structure – je n’ai d’ailleurs pas de « mauvaise » expérience – mais plutôt d’un choix éclairé. Lire la suite »