AVAC

« La grande majorité des médias nous formatent à croire qu’il faut rentrer dans la norme imposée par le milieu médical »

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Il y a quelques semaines, une maman nous a soumis ce long témoignage.  Le récit de ses accouchements et de ses émotions, qui nous a emporté. Un magnifique partage que nous ne pouvons mieux présenter qu’elle ne l’a fait en nous l’envoyant : « Pas de message engagé pro-AAD dans ce témoignage, juste mon ressenti. Parce que c’est ce type de témoignages qui m’ont incitée à aller au bout de mon projet d’AAD ».

Nous la remercions encore une fois d’avoir bien voulu nous confier son histoire :

Un accouchement à domicile, une naissance en maternité.

J’ai eu besoin d’écrire la naissance de mon fils pour mettre des mots sur cette aventure unique. Ces mots retracent ce qui s’est passé mais surtout comment j’ai ressenti cet évènement. Ils ne sont pas le reflet objectif des faits mais, au contraire, la traduction des émotions que j’ai vécues. Bonheur, calme, peur, douleur, violence ou honte, ces émotions m’appartiennent et ne servent pas à juger.

Tout a commencé 2 ans plus tôt en Février 2009, lorsque ma fille naît. Naissance déclenchée parce que qu’elle était jugée trop grosse, déclenchement qui échoue parce que mon corps n’est pas prêt et a besoin de trop de temps, césarienne avant terme alors que je ne suis même pas en travail et que bébé va bien, juste parce que « ça a trop duré » et une hospitalisation qui dure parce que ma fille a perdu trop de poids. S’ensuivent 5 mois de dépression et un lien difficile à faire avec ma fille. Je m’accroche à l’allaitement parce que c’est la seule chose que je réussis et qui me permet d’échapper au jugement « elle mange trop / trop peu ». Pour m’en sortir, j’ai besoin de comprendre. Je lis, je comprends que la grande majorité des médias nous formatent à croire qu’il faut rentrer dans la norme imposée par le milieu médical (poids mini maxi pour la mère, le bébé, temps mini maxi pour la grossesse, le travail) et en maternité tout ce qui dépasse est raboté. Mais, dans ma famille, les bébés font 4kg et mettent 9 mois et demi à sortir : hors norme. Mon envie d’une fratrie de 2 se heurte à cette norme, je ne veux plus jamais être rabotée. Et je sais que la cicatrice qui me barre le ventre a encore rabaissé le seuil de tolérance des maternités. Bébé < 3,5kg et dépassement de terme < 5j sinon, je passe au bloc directement. Lire la suite »

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« Droit de choisir »

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Voici un témoignage que nous avons reçu sur notre blog :

Droit de choisir.

Moi même je suis née à la maison dans les années 60. À mon tour, je voulais accoucher à la maison comme le font des femmes depuis l’aube de l’homme mais on m’avait dit que cela n’existait pas en France.
J’ai tenté un accouchement dans une maternité. Ce fut un échec. Le lendemain du 11 septembre 2001, mon bébé arraché de mon ventre ouvert, j’ai juré de rattraper ce rite de femme que j’avais raté la prochaine fois.
De nouveau enceinte en 2006, informée à fond, j’ai trouvé 2 sages femmes et une doula prêtes à m’accompagner dans mon projet d’AAD/AVAC.

J’avais loué une piscine gonflable et avais choisi la musique. La date terme est arrivée, sans que bébé n°2 ne se soit manifesté, prêt à descendre. Mes sages femmes m’ont donc laissé dans les mains d’un obstétricien dans une maternité pour la suite et pour la bonne cause.
Mon bébé, bien post-terme, n’arrivait pas à s’engager, comme le premier, mais cette fois-ci, il y avait d’autres complications aussi.
Pour moi, ce fut un échec personnel, intime, pour lequel il m’a fallu deux ans pour m’en remettre.

Ma seule consolation est d’avoir eu le choix.

Les sages femmes sont des professionnelles qui ne prennent pas de risques pour leurs clientes. Elles accompagnent les futures mères et si la situation présente un risque, les sages femmes s’assurent que la future maman sera prise en charge par une maternité adaptée.

Le choix d’accoucher à domicile doit être un droit, mais accompagné d’une sage femme. Un sage femme est qualifiée, et elle saura décider si oui ou non la maman et bébé encourent un risque en accouchant à domicile. Le choix doit appartenir à la femme, mais la femme doit être accompagnée, d’une sage femme, comme les femmes l’ont toujours été depuis l’aube de l’homme et non pas forcée d’accoucher dans les conditions qui ne sont pas pour elle, optimales.

Charlotte Yonge,
Présidente de l’association Allaitement pour Tous