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Communiqué : délibéré de l’audience disciplinaire du 30 juin

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Entretien avec Hélène Sautriau, sage-femme AAD à Digne

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Le documentaire Sages-Femmes (titre provisoire), dont nous vous avions parlé en fin d’année 2016, est actuellement en tournage. Pour patienter, nous vous proposons à la lecture notre entretien avec Hélène Sautriau qui y participe.

La diffusion de cette interview était initialement programmée pendant la campagne de crowdfunding du film. Nous n’avions pas été en mesure de le finaliser dans les temps et le gardions depuis de côté pour pour attiser à nouveau votre curiosité pour Sages-Femmes ;).

 

« Bonjour Hélène Sautriau. Pouvez-vous tout d’abord nous faire une présentation de votre parcours personnel en tant que sage-femme ?

Je suis sage-femme depuis vingt ans. J’ai fait ma formation à Grenoble à l’époque où le passage par médecine était devenu obligatoire. C’était donc un apprentissage très technique. Mon parcours et ma pratique ont changé ensuite avec les sages-femmes que j’ai rencontrées. En particulier l’une d’elles à Grenoble qui faisait des AAD : j’étais en désaccord avec ce qu’elle faisait, je me disais qu’elle était folle, mais c’était la seule à effectuer des suivis de grossesse et j’étais enceinte. J’avais donc eu recours à ses services. Petit à petit, j’ai « désappris » avec elle. C’est mon expérience de femme qui m’a permis de prendre du recul par rapport à l’enseignement que j’avais reçu. J’ai découvert que la femme a sa compétence en elle pour donner naissance.

J’ai donc évolué de plus en plus vers la physiologie, ce qui était facilité par mon travail en maternité de niveau 1, où l’on a une plus grande disponibilité.

J’ai travaillé à la maternité de Pertuis dans le Vaucluse, avec une équipe qui réfléchissait beaucoup sur la physiologie. Un jour, une femme m’a appelée pour une naissance à la maison, ma première. Elle m’a appris à observer, à écouter. J’avais encore mes peurs, j’étais mariée à un médecin urgentiste et j’avais trois enfants. Je manquais donc un peu de temps aussi. Et puis je m’y suis mise, mais je me pose la question de continuer tous les jours.

Qu’est-ce qui vous a motivée pour accepter de participer au film Sages-Femmes (titre provisoire) , qui est le motif originel de cet entretien ?

Je connaissais déjà Sandra, la réalisatrice du film. Je savais que ce serait bienveillant et qu’elle n’opposerait pas de façon rigide hôpital et domicile. Je voulais pouvoir montrer la richesse de mon travail, l’accompagnement des femmes qui permet de leur faire découvrir leur puissance, même en dehors de l’AAD proprement dit. Cela va beaucoup plus loin que l’aspect médical, il y a un côté très militant dans la démarche qui m’a conduite à accepter de figurer dans ce film. Parler de la puissance des femmes et de mon expérience de travail, c’est toujours gratifiant et c’est un plaisir de transmettre ce message aux parents et aux sages-femmes par le biais d’un film.

Avez-vous vu les demandes pour les accouchements à domicile augmenter depuis que vous en faites ?

Il y a toujours eu une demande dans ma région, les Alpes (Hélène habite à Digne, NDLR), mais ici elles ont rendues compliquées par la géographie, les montagnes, l’éloignement. C’est compliqué de suivre certaines mamans, du fait des routes, de la neige. Je sélectionne les femmes à la fois en fonction de la distance et de la possibilité d’un suivi physiologique. La motivation des parents est bien sûr essentielle, aussi. Je m’économise pour tenir la distance, pour continuer.

Il est important de rappeler qu’on peut aussi accoucher de manière physiologique à la maternité, ça se travaille en couple et avec l’équipe médicale.

Les attentes des parents ont-elles évolué depuis que vous pratiquez ce métier ?

Je ne sais pas si leurs attentes ont évolué ou si c’est moi qui les ai entendues. J’ai un savoir mais il ne sert à rien si je n’écoute pas les femmes, les parents. Nous, on est là avec nos compétences et on peut intervenir en cas de problème, si nécessaire. Comme dit Jacqueline Lavillonnière, il faut toujours se poser la question de la nécessité d’une intervention, avec la possibilité qu’il y a de perturber le processus physiologique de la naissance. Toute intervention peut perturber le déroulement d’une naissance, même une toute petite chose. Sinon, la naissance peut révéler chez les femmes une puissance qu’on n’imaginait pas.

Vous savez qu’il y a 150 maisons de naissance en Allemagne et qu’aux Pays-Bas près d’un quart des accouchements se font à domicile. Pourquoi tant de résistances opposées en France au souhait de plus en plus de femmes d’accoucher naturellement, alors qu’en Europe du Nord ça ne pose pas de problèmes ?

En France, les résistances sont liées à l’Histoire des sages-femmes et des médecins, je crois. Cela vient de là et du fait qu’on apprend donc surtout la pathologie, pas la physiologie. On a tellement peur de la mort qu’on pense que c’est la médicalisation du processus qui va résoudre tous les problèmes. Dans le Nord de l’Europe, il n’y a pas eu cette scission entre les sages-femmes et les médecins.

Les sages-femmes qui font des AAD disent que pour comprendre pourquoi c’est si difficile en France, c’est une question politique, une histoire de pouvoir médical. Si la femme découvre le pouvoir qu’elle a en elle pour accoucher, elle prendra le pouvoir sur la naissance, et ça ne plaît pas à certains praticiens.

Mais la demande des parents et l’expérience de certains soignants peuvent faire changer les pratiques des autres. C’est une histoire de capacité à évoluer dans le dialogue et le respect. On a toute la vie pour changer, tant qu’on n’est pas mort. »

Propos recueillis par PV, le 18 décembre 2016.

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Un message pour les sages-femmes en cette journée du 05 Mai !

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Merci à nos sages-femmes qui se plient en 4 pour nous permettre d’accoucher à domicile !

Merci pour votre dévouement, pour les kilomètres parcourus, pour vos jours fériés, vos dimanches, vos Noël, vos réveillons,… passés auprès de nous à nous masser, nous tenir la main, nous encourager, nous accompagner, nous soigner !

Merci d’être là pour nous !!!

Dernier arrêt de la CEDH : peu favorable à l’AAD…

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cedh-2-mpiLe 15 novembre dernier, la Grande Chambre de la Cour Européenne des Droits de l’Homme a enfin rendu son jugement en renvoi dans l’affaire opposant la République Tchèque aux requérantes Mmes  Dubská et Krejzová.
Ces dernières considéraient que la République Tchèque, en n’autorisant pas les sages-femmes à accompagner les femmes dans leur désir d’accoucher à domicile, allait à l’encontre de l’article 8 de la Convention  de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales.

Article 8 – Droit au respect de la vie privée et familiale
1 Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance.
2 Il ne peut y avoir ingérence d’une autorité publique dans l’exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu’elle constitue une mesure qui, dans une  société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l’ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d’autrui.
Par douze voix contre cinq, les juges de la Grande Chambre ont estimé qu’il n’y avait pas eu violation de l’article 8 et rejettent donc définitivement la demande des requérantes, confirmant ainsi l’arrêt rendu par la Chambre de la Cinquième Section en décembre 2014.


Communiqué de presse


Arrêt complet (p.54, les opinions dissidentes des cinq juges s’étant prononcé en faveur des requérantes)

Jusqu’à présent, la CEDH a eu à statuer par deux fois sur des questions juridiques liées à l’accouchement à domicile. Dans son premier arrêt de décembre 2010 concernant l’affaire opposant la Hongrie à la requérante Mme Ternovsky, elle avait donné raison à cette dernière, estimant que le flou juridique hongrois entourant l’accouchement à domicile l’avait empêchée d’accoucher comme elle le souhaitait, en contradiction avec l’article 8 de la Convention sus-citée.
Au vu du jugement dans le cas tchèque, ce premier arrêt n’aura donc vraisemblablement pas force de jurisprudence.

On ne peut que s’étonner, et regretter, de la fracture qui s’opère entre la progression de la reconnaissance de l’accouchement à domicile par les systèmes de santé (recommandations britanniques du NICE de 2014, travail sur l’amélioration des conditions de pratique de l’AAD aux États-Unis, plans de santé québécois, …) et le positionnement juridique de la Cour Européenne qui opère ici un repli après son premier arrêt de 2010.

On ne peut aussi que souligner un paradoxe lourd dans la balance pour le respect de nos droits : alors que l’Union Européenne aujourd’hui vise à l’harmonisation de l’obligation d’assurance en Responsabilité Civile et Professionnelle des professionnels de santé au sein de tous ses États membres, sa propre instance juridique énonce que, puisqu’il n’existe pas de consensus international sur l’accouchement à domicile, une grande latitude est dès lors laissé à chaque État pour réglementer ses conditions d’existence… ou de non-existence…

Quand on connaît la place cruciale que prend l’obligation d’assurance en RCP dans la préservation de l’accès à l’accouchement à domicile, ce phénomène de « deux poids deux mesures »  peut faire grincer des dents en ce qui concerne la nécessité d’harmoniser les lois afin de faire respecter la Convention en ce qui concerne les libertés individuelles.

 

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Pour en savoir plus :
« Un État a t’il le droit d’interdire à une sage-femme de pratiquer l’accouchement à domicile ? » (Neuf mois)
« Oui, un État peut interdire aux sages-femmes d’aider aux accouchement à domicile » (20 minutes)
« Should home births be allowed ? » (Huffington Post UK)
« Accouchement à domicile : la Cour européenne des droits de l’homme donne une nouvelle fois raison à l’État tchèque » (Radio Praha)

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