Paroles de parents

A la maison, la barre n’est pas plus haute… elle est plus facile à franchir!

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Anne-Laure, Maman

La naissance de Rose le 10 janvier 2007, à la maison.

Début avril 2006 : je suis enceinte de mon troisième enfant. Commence alors une grossesse sans problème. Nous serons accompagnés d’une doula (C.) qui m’annonce un jour qu’elle a découvert une sage-femme qui pratique les accouchements à domicile (AAD) pas très loin de chez moi. Pas dans notre département mais pas si loin que ça. Je prends contact avec B. qui accepte de me suivre jusqu’à l’accouchement à la maison. Je suis heureuse.

L’été passe et début septembre un streptocoque B remet un peu en cause le projet d’AAD mais nous trouvons un arrangement (perfusion d’antibios au moment de la délivrance) et je me remets sur les rails. Je suis inscrite en maternité et j’y suis suivie depuis le 7ème mois. Mon terme théorique est au 10 janvier. Il s’approche doucement et le bébé continue ses galipettes : un jour tête en haut, l’autre tête en bas. De vraies douches écossaises puisque si le bébé se présente en siège, B. ne peut plus m’accepter en AAD. C. et T., mon conjoint, font tout ce qu’ils peuvent pour me redonner confiance en moi et en mon bébé. J’arrive petit à petit à lâcher prise, je me détends un peu.

Les fêtes passent. L’impatience me gagne. Le 9 janvier (soit 41 sa + 1 jour), j’appelle mon acupuncteur qui peut me prendre dans l’heure. Depuis la fin de matinée je me sens un peu différente, j’ai comme une grosse contraction qui ne me lâche pas mais qui ne ressemble pas non plus à un début de travail. Il est 15h30. Il me pique et je m’assoupis légèrement, à peine sortie de ma torpeur par quelques contractions qui reviennent environ tous les ¼ d’heure. En me disant au revoir, il me redit à quel point je vais vivre quelque chose d’extraordinaire, d’incomparable et me dit cette phrase : «et souvenez vous qu’à la maison la barre n’est pas plus haute… elle est plus facile à franchir ». Je garderai précieusement cette phrase dans un coin de ma tête.

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Plus qu’un accouchement à domicile, un accompagnement global à la Naissance…

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Mélodie, maman

Plus qu’un accouchement à domicile, un accompagnement Global à la Naissance…

mélodie 7Quand j’étais enceinte de mon premier bébé, j’ai rencontré virtuellement des nanas qui comptaient accoucher chez elles… Personnellement, je trouvais ça chouette et sympa de faire son bébé chez soi… mais comme je disais si bien à l’époque « moi je ne prendrais pas le risque »… Je me souviens même en avoir discuté avec le papa à l’époque qui m’avait rétorqué « oui et si il arrivait quelque chose moi j’en voudrais à ma femme » … Voila, c’était il y a 6 ans, j’étais enceinte de ma 1ère, je souhaitais un accouchement naturel sans péridurale mais en maternité (parce que comme on dit «on ne sait jamais »).

Que ce serait-il passé si le personnel soignant avait respecté mes souhaits ? Si cette 1ère naissance s’était déroulée aussi naturellement que ce que j’espérais ? Je ne sais pas comment j’aurais évolué sur mon parcours et mes naissances… Toujours est-il que, malgré une naissance douloureuse mais rapide, le personnel et les protocoles de la maternité m’ont volé la naissance de ma fille… Je ne reviendrai pas dessus, malgré tout, c’était une belle naissance, j’étais devenue Maman. Mais une chose était certaine : pour le 2ème, je ferais mon bébé sans aide (mais toujours en maternité !) … Pour mon deuxième, j’ai donc évolué, et changé de maternité, préparé un projet de naissance et eu un accouchement « de rêve ». Une jolie naissance, douloureuse et intense, mais naturelle. J’étais si fière de moi, de ma capacité à donner la Vie !

Et puis quand on a remis ça, pour la 3ème… Je souhaitais à la base une naissance en maternité une fois encore, mais je voulais ce qui m’a manqué pour les 2 premières naissances : un suivi personnalisé, une personne de confiance, une sage-femme qui me connaisse et qui soit présente le jour J. Coup de chance dans mon nouveau département, l’accompagnement global à la naissance existe… Qui plus est, la sage femme avec laquelle je rentre en contact est extraordinaire. Présente, à l’écoute, elle a le TEMPS ! Chaque rendez vous avec elle est source de bien être, de confiance, et d’échange. Je ne suis pas un numéro de dossier, je suis moi, avec mes antécédents, et mon passé de femme. Chaque nouveau RDV est attendu avec impatience. Je découvre l’accompagnement global à la naissance… Ce qui est génial, c’est qu’Elle sera là le jour J ! Elle sera là, elle m’aidera, elle connaît mes angoisses, mes peurs. D’ailleurs, ce climat de confiance installé petit à petit me fait avancer … Finalement, plutôt que d’aller à la maternité et rentrer quelques heures après à la maison, pourquoi ne pas rester à la maison ? Je connais ma Sage-Femme, je lui fais confiance, je sais qu’en cas de soucis, on ira à la maternité. Cette idée germe au fond de moi. Je lui en parle sans en parler à mon homme. Elle me sourit, elle n’est pas contre… Reste plus qu’à convaincre Monsieur… Je ne lui en parle pas plus que ça, j’attends qu’il rencontre notre Perle pour en parler… Il est conquis, il la trouve présente, sérieuse, et il accepte. Il est en confiance. Nous sommes mutuellement en confiance. Notre sage femme accepte donc ce futur AAD à condition que je n’ai pas de soucis particuliers, que je reste dans le cadre d’un accouchement « à bas risques ». Et si elle est prise en plateau technique, j’irai moi aussi en plateau technique.

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J’imagine…

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Témoignage de Charlotte, maman

Mon bébé, mon tout petit ou ma toute petite, mon futur petit être, je rêve déjà de toi, de ta création, de ta vie en moi, de ta naissance au sein de notre foyer.

J’imagine être entourée de ton papa, et d’une femme exceptionnellement gentille, douce, respectueuse de nos volontés, pour m’aider au moment où tu auras décidé de nous rencontrer. J’imagine être à la maison, et y rester surtout. J’imagine l’atmosphère des pièces, comme une bulle coupée du monde, comme un nuage moelleux, chaleureux où régnerait la sérénité et l’amour. J’imagine la magie de l’instant, ce temps suspendu où plus rien ne compte à part toi, ton papa, ton frère et moi. J’imagine le calme après ta première inspiration, blotti(e) au creux de mes bras, emmitouflé(e) dans un linge chaud et d’une infinie douceur, cherchant d’instinct mon sein pour te délecter et te rassurer. J’imagine un câlin tous les quatre et cette femme si discrète nous apporter les soins dont nous avons peut-être besoin. J’imagine le repos, les odeurs familières, et la certitude de t’avoir offert la plus respectueuse des naissances.

J’imagine car je ne sais pas ce que sera demain. Mais j’aimerais tant vivre cette expérience unique dans l’intimité que l’on a choisie! Quand je lis les histoires de toutes ces femmes qui ont donné naissance à leur(s) enfants(s) au sein de leur foyer, et que les larmes me montent aux yeux, je n’exprime en fait que l’émotion de l’expérience la plus naturelle au monde : donner la vie.

Ton grand frère est né à la maternité, de la façon la plus naturelle possible, et non qui soit… En plein accouchement, on ne pense plus à tout… Pour lui, je n’ai pas pensé à refuser de m’allonger sur le dos, je n’ai pas réussi à faire abstraction du monitoring, plus stressant que rassurant, et quand la sage-femme s’est « souvenue » que la position sur le dos était la pire sans péridurale et qu’elle m’a proposé de me mettre par terre, je ne me sentais plus capable de bouger, j’étais perturbée, agitée, alors que tout mon travail s’était fait sereinement, seule avec ton papa, dans la pénombre, et la position que je voulais. Cette salle d’accouchement était trop éclairée, trop bruyante, trop loin de mon idéal.

Sa naissance a tout de même été merveilleuse en soi, je n’espérais pas forcément mieux avant… Mais maintenant, j’ai évolué, j’ai pris du recul et vu ce qui n’allait pas.

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Chaque fois que l’enfant paraît, c’est un instant magique

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Dominique, sage-femme et maman

Je suis sage femme depuis un nombre certain d’années et libérale depuis un peu moins. Mon parcours est atypique: j’ai refusé un CDD en maternité universitaire ( oohh la vilaine!! ) et suis partie travailler en Suisse dans une toute petite structure « comme à la maison ».

A notre retour en France, quand notre premier enfant s’est annoncé, tout naturellement, le domicile est apparu comme une alternative très attirante. Malheureusement le futur papa était un peu stressé car pas informé ( il n’est pas du tout de la partie ) et ne s’est pas senti prêt, donc organisation pour la maternité. Sauf que ces chers anges arrivent surtout la nuit et que je suis sympa de nature, j’ai donc laissé papa dormir ! Vers 6 heures du matin, il était temps de partir: on habite dans un de ses déserts médicaux où la première maternité se trouve à 1 heure de route minimum. Résultat : arrivée de bébé 1/4 d’heure après la notre, et retour chez nous très rapidement ensuite, pour le plus grand bonheur de tous.

C’est donc tout naturellement encore que les trois petits suivants sont nés chez nous, accompagnés chaque fois d’une collègue différente mais dans une ambiance chaleureuse et détendue (si, si!), du pur bonheur.

Le fait d’avoir pu moi même profiter de ce confort extrême m’a fait réaliser à quel point il était important pour moi de permettre à d’autres couples de pouvoir bénéficier de cette chance et je me suis lancée! C’était entre bébés 3 et 4 pour moi. Cela me demande un peu d’organisation et une belle disponibilité de mon entourage proche mais ça se fait! De plus, chaque fois que l’enfant parait, c’est un instant magique qui fait oublier tout le reste. En plus en ce moment, le reste est costaud!!

J’ai vraiment l’impression d’être victime d’une chasse aux sorcières, comme au moyen âge! Tout est fait en haut lieu pour faire arrêter cette pratique, mais au fond de moi, je sais qu’il n’y a rien de mieux pour accueillir ses enfants, quand on s’en sent le courage bien sur. L’accouchement à domicile est réservé à une petite partie de gens et ne peut pas convenir à tout le monde. Il est vital que ce choix existe encore, mais il nous appartient aussi de permettre aux couples qui accouchent en maternité de sortir des suivis « standardisés » et de se sentir là en sécurité, mais comme à la maison.

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La naissance à la maison, un choix intime

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Coraline, Maman

Pourquoi ai-je accouché chez moi ?

Et vous pourquoi avez–vous accouché à l’hôpital ?

Voilà ce que j’ai envie de répondre, je n’ai pas d’argumentaire pour défendre l’accouchement à domicile. Personne n’avait accouché à domicile autour de moi, personne ne s’était même posé la question d’un choix possible d’ailleurs.

Moi, j’ai toujours ressenti ça au fond de moi, bien avant d’avoir l’envie ou le désir d’une grossesse, d’un enfant. Quand j’ai su que j’étais enceinte, c’est là que je me suis rendue compte que c’était bien plus compliqué et pas aussi naturel que ce que je ressentais.

Là, a débuté la recherche d’une sage–femme, pas simple : beaucoup d’appels, beaucoup de refus, beaucoup d’incompréhension « mais pourquoi donc accoucher chez vous? ça ne se fait plus. C’est interdit. C’est illégal. Allez vous inscrire à la maternité la plus proche de chez vous. »

D’accord, apparemment, il faut se battre, un accouchement à domicile ça se mérite, ça ne se dit pas trop… J’ai trouvé « ma » sage-femme et j’ai vécu cet accouchement, cette naissance chez moi, mais à quel prix ? Entendre tout au long de sa grossesse les peurs et les fausses idées sur cet accouchement « pas comme les autres », devoir justifier ce choix alors que je n’avais aucun argument à donner… Devais-je être coupable de donner naissance à ce bébé chez moi ?

Aujourd’hui, je sais, j’ai lu, j’ai appris, j’ai compris que ce n’est pas un choix que je dois cacher. Je suis sereine et sûre du bien-fondé de ce choix. Il n’est pas inconscient, je ne suis pas inconsciente ou folle ou que sais-je. L’accouchement à domicile n’est pas plus dangereux qu’un accouchement à l’hôpital.

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