L’AAD : ILS EN PARLENT

« Les femmes ne choisissent pas d’accoucher à la maison par manque d’autres choix. Mais parce que cela répond à une envie et un besoin. »

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Je souhaite par la présente témoigner de mon soutien a nos sages femmes et surtout nos sages femmes AAD.
En effet, ayant accouché de mon premier enfant à domicile je ne pourrais le concevoir autrement. Et très franchement, l’idée que pour mes futurs enfants ce choix ne soit plus disponible me remplit de terreur. Je pèse mes mots.
Je me considère comme quelqu’un de réfléchi. Je suis diplômée d’une grande école française, et bien avant d’avoir rencontré mon mari et parlé d’enfants, je savais que je voulais accoucher chez moi.  Peu-être parce que ma maman l’avait fait. Pour moi, ça coule de source. C’était la chose la plus naturelle et j’avais entièrement confiance en moi et mon corps.

Ainsi en 2011, quand on a décidé de se lancer, j’avais déjà fait le tour de la question.

Notre bébé a mis du temps à s’installer et ce n’est que fin 2012 que j’ai eu le bonheur de voir ces deux traits s’afficher sur le test.

Je me suis mise en quête d’une sage femme libérale pratiquant les accouchements à domicile. C’est avec effarement que j’ai appris qu’il n’y en avait que deux. Deux pour toute notre région. J’ai appelé en espérant qu’elle pourrait me prendre.
C’est ainsi que nous avons fait la rencontre de NOTRE Sage-Femme. Une perle. Elle a vraiment une place importante dans nos cœurs et vies. Lire la suite »

« J’ai découvert à ma grande surprise que l’on pouvait accoucher à domicile ! Quel soulagement !!! »

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Une nouvelle lettre de soutien en faveur de l’AAD :

Voici mon témoignage concernant le droit d’enfanter chez soi en toute sécurité.

Je suis auxiliaire de puériculture de métier.
De par ma formation, j’ai pu faire différents stages en milieu hospitalier, notamment en maternité.

Ce que j’y ai vu a suffi à me convaincre de ne pas accoucher à l’hôpital.

La naissance et la rencontre d’un nouveau né avec sa famille est quelque chose de très personnel, intime et qui devrait être respecté et mis sur un piédestal.
Or ce que j’ai pu voir en maternité est très loin de tout cela.
Commençons par l’accouchement en lui même. Les parents arrivent, inquiets, très peu informés sur la physiologie de l’accouchement à la maternité.
Sous prétexte que le corps médical sait, il faudrait que les parents acceptent tout, et ce sans broncher. Sans poser de question. Dès qu’ils commencent à en poser, ils sont catalogués comme les « chiants de service » par le personnel.
Paradoxalement en formation, alors que j’avais à montrer le bain à une maman, ma tutrice est allée jusqu’à me dire en amont « tu t’es fait avoir, cette maman est médecin » ce à quoi je n’ai pu que répondre « et alors? ».
Ce qui prouve bien que le fait de « savoir » quelque chose peut être tout aussi handicapant.
J’ai vu diverses pratiques également limites en ce qui concerne l’hygiène. Une seringue ayant servi à nourrir un nourrisson qui avait du mal à téter le sein de sa mère resservir une heure après sans même avoir été rincée. Et quand j’en ai parlé en privé à ma tutrice j’ai eu droit à « ben tu ne l’as pas rincée??? » j’étais stagiaire. Sensée apprendre mon métier et je mettais le nez de ces personnes dans leur caca…
Parlons encore du dossier médical qui soit disant est disponible et dont les explications du pédiatre sont sensées être transparentes… Ce n’est malheureusement pas toujours le cas. Et parfois certains nourrissons passent des examens alors que leurs parents ne sont même pas au courant du pourquoi du comment (vu en néonat)

Bref. Pour moi, à moins d’une urgence, l’hôpital était le dernier endroit ou j’aurais voulu accoucher. Pas envie d’être jugée, infantilisée, numérotée, cataloguée et dérangée dans ce moment si intime.

J’ai cherché sur le net et j’ai découvert à ma grande surprise que l’on pouvait accoucher à domicile ! Quel soulagement !!!

Très vite, nous avons cherché et trouvé C. la sage femme qui aiderait à accoucher notre famille… Car c’est bien d’une famille que nous avons accouché ce jour là, mon compagnon, mon fils, mon beau-fils et moi même! Tout a changé à partir de cet instant.

C. nous a expliqué les conditions selon lesquelles elle accepterait de nous aider à accoucher à domicile : pas de grossesse gémellaire, pas de présentation praevia, des résultats d’examens nickel sinon rien. Elle nous a demandé d’être suivis dans un hôpital pour que, le cas échéant, s’il y avait le moindre doute, elle puisse nous transférer en urgence. Ainsi d’un point de vue sécurité, l’hôpital avait déjà mon dossier médical et pouvait donc intervenir sans être à l’aveuglette.
J’ai aussi eu le temps de me faire à l’idée que si il y avait une urgence, l’essentiel était de sauver ma vie et celle de notre fils, de fait il fallait faire le deuil de l’AAD dans ce cas.

Neuf mois de grossesse sans complication aucune (sans cela il était hors de question d’accoucher à domicile), et enfin, le 27 janvier 2012, à six heures du matin, sans crier gare, le travail commence. Et quel travail ! 6h plus tard entre rires et larmes, mon compagnon tenait pour la première fois notre fils dans ses bras et quelques secondes après je le tenais contre mon sein, tout chaud, tout luisant, magnifique, indescriptible.

Nous avons, les heures et les jours suivant, pu faire connaissance en toute tranquillité, sans « température! » ou « tension » ou « il n’a pas repris ses dix pour cent il ne peut pas sortir » ou encore la voisine de chambre qui papote, l’angoisse de le laisser seul pour me doucher…etc

Notre sage femme et sa collègue sont venues régulièrement pour vérifier que tout allait bien.
Et si l’allaitement de mon bout d’homme a été compliqué pendant quelques mois, je dois remercier ces femmes qui ont su m’encourager et me guider pour que je puisse trouver de l’aide et des solutions à nos soucis…
À la maternité, on m’aurait dit de lui donner un biberon… comme j’ai pu le voir tant de fois en deux mois de stage…

Et maintenant que j’ai vécu cela, alors que dans tant d’autres pays européens c’est devenu monnaie courante, que des études montrent même qu’il y a moins de complications (même si cela peut toujours arriver) , j’ai encore du mal à comprendre comment on peut en venir à vouloir interdire aux sage-femmes d’exercer leur métier en accouchant à domicile. J’ai autant de mal à comprendre pourquoi les assurances refusent de baisser leurs tarifs, puisque s’il y a le moindre doute, ces professionnelles transfèrent systématiquement leurs patients à l’hôpital. J’ai encore plus de mal à comprendre comment l’état qui se targue de vouloir faire diminuer le trou de la sécurité sociale en nous faisant payer certains actes ou médicaments dits « de confort » peut juste oublier que l’AAD lui ferait faire des économies car il revient moins cher.

Les parents ont le droit d’avoir le choix entre l’hôpital ou leur domicile quand cela est possible.

« La grande majorité des médias nous formatent à croire qu’il faut rentrer dans la norme imposée par le milieu médical »

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Il y a quelques semaines, une maman nous a soumis ce long témoignage.  Le récit de ses accouchements et de ses émotions, qui nous a emporté. Un magnifique partage que nous ne pouvons mieux présenter qu’elle ne l’a fait en nous l’envoyant : « Pas de message engagé pro-AAD dans ce témoignage, juste mon ressenti. Parce que c’est ce type de témoignages qui m’ont incitée à aller au bout de mon projet d’AAD ».

Nous la remercions encore une fois d’avoir bien voulu nous confier son histoire :

Un accouchement à domicile, une naissance en maternité.

J’ai eu besoin d’écrire la naissance de mon fils pour mettre des mots sur cette aventure unique. Ces mots retracent ce qui s’est passé mais surtout comment j’ai ressenti cet évènement. Ils ne sont pas le reflet objectif des faits mais, au contraire, la traduction des émotions que j’ai vécues. Bonheur, calme, peur, douleur, violence ou honte, ces émotions m’appartiennent et ne servent pas à juger.

Tout a commencé 2 ans plus tôt en Février 2009, lorsque ma fille naît. Naissance déclenchée parce que qu’elle était jugée trop grosse, déclenchement qui échoue parce que mon corps n’est pas prêt et a besoin de trop de temps, césarienne avant terme alors que je ne suis même pas en travail et que bébé va bien, juste parce que « ça a trop duré » et une hospitalisation qui dure parce que ma fille a perdu trop de poids. S’ensuivent 5 mois de dépression et un lien difficile à faire avec ma fille. Je m’accroche à l’allaitement parce que c’est la seule chose que je réussis et qui me permet d’échapper au jugement « elle mange trop / trop peu ». Pour m’en sortir, j’ai besoin de comprendre. Je lis, je comprends que la grande majorité des médias nous formatent à croire qu’il faut rentrer dans la norme imposée par le milieu médical (poids mini maxi pour la mère, le bébé, temps mini maxi pour la grossesse, le travail) et en maternité tout ce qui dépasse est raboté. Mais, dans ma famille, les bébés font 4kg et mettent 9 mois et demi à sortir : hors norme. Mon envie d’une fratrie de 2 se heurte à cette norme, je ne veux plus jamais être rabotée. Et je sais que la cicatrice qui me barre le ventre a encore rabaissé le seuil de tolérance des maternités. Bébé < 3,5kg et dépassement de terme < 5j sinon, je passe au bloc directement. Lire la suite »

« Droit de choisir »

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Voici un témoignage que nous avons reçu sur notre blog :

Droit de choisir.

Moi même je suis née à la maison dans les années 60. À mon tour, je voulais accoucher à la maison comme le font des femmes depuis l’aube de l’homme mais on m’avait dit que cela n’existait pas en France.
J’ai tenté un accouchement dans une maternité. Ce fut un échec. Le lendemain du 11 septembre 2001, mon bébé arraché de mon ventre ouvert, j’ai juré de rattraper ce rite de femme que j’avais raté la prochaine fois.
De nouveau enceinte en 2006, informée à fond, j’ai trouvé 2 sages femmes et une doula prêtes à m’accompagner dans mon projet d’AAD/AVAC.

J’avais loué une piscine gonflable et avais choisi la musique. La date terme est arrivée, sans que bébé n°2 ne se soit manifesté, prêt à descendre. Mes sages femmes m’ont donc laissé dans les mains d’un obstétricien dans une maternité pour la suite et pour la bonne cause.
Mon bébé, bien post-terme, n’arrivait pas à s’engager, comme le premier, mais cette fois-ci, il y avait d’autres complications aussi.
Pour moi, ce fut un échec personnel, intime, pour lequel il m’a fallu deux ans pour m’en remettre.

Ma seule consolation est d’avoir eu le choix.

Les sages femmes sont des professionnelles qui ne prennent pas de risques pour leurs clientes. Elles accompagnent les futures mères et si la situation présente un risque, les sages femmes s’assurent que la future maman sera prise en charge par une maternité adaptée.

Le choix d’accoucher à domicile doit être un droit, mais accompagné d’une sage femme. Un sage femme est qualifiée, et elle saura décider si oui ou non la maman et bébé encourent un risque en accouchant à domicile. Le choix doit appartenir à la femme, mais la femme doit être accompagnée, d’une sage femme, comme les femmes l’ont toujours été depuis l’aube de l’homme et non pas forcée d’accoucher dans les conditions qui ne sont pas pour elle, optimales.

Charlotte Yonge,
Présidente de l’association Allaitement pour Tous