Lettres témoignages au CNOSF

« C’est une chance que nous avons ! »

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Madame,

Je vous écris aujourd’hui pour témoigner de mon expérience.

J’ai accouché à domicile, accompagnée par une sage-femme libérale, en janvier 2011, et j’en suis très heureuse.

Le suivi avant l’accouchement a été personnalisé, régulier, complet, et fait avec beaucoup de compétence, de rigueur, de professionnalisme et d’attention. Par exemple, je ne tenais pas à faire les échographies, car on dit que ce n’est pas très bon pour le bébé. En plus, je sentais que mon bébé allait bien. La sage-femme (qui avait de longues années d’expérience en établissement et en libéral) a insisté pour que je fasse toutes les échos, en particulier, disait-elle, pour déceler d’éventuelles malformations et ne pas prendre le risque d’accueillir à la maison un bébé qui devait absolument l’être à l’hôpital.

Mon compagnon a pu être présent du début à la fin, j’ai pu rester chez moi avec mes habitudes, j’ai pu bouger comme j’en avais besoin, dans une ambiance très calme, avec peu de lumière. Toutes les odeurs, tous les bruits, tous les mouvements rapides autour de moi m’étaient insupportables. Même les présences calmes et silencieuses de la sage-femme et du papa étaient parfois trop pour moi. Je pouvais alors m’isoler un moment. A l’hôpital, tout ceci aurait été beaucoup plus difficile à gérer. Lire la suite »

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 » L’acte d’enfanter est aussi naturel que celui de faire l’amour, et requiert une intimité, un sentiment de sécurité et de bien-être, la confiance dans son partenaire »

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Madame la Présidente,

Je suis une jeune femme de 28 ans, maman d’un petit garçon de 16 mois, pour lequel je souhaitais  un accouchement à domicile. Malgré mes recherches même à plus de 60 km de chez moi, je n’ai pas trouvé de sage-femme accompagnant encore les accouchements à domicile ou se déplaçant si loin.  J’ai donc du me résoudre à choisir un accompagnement en plateau technique, qui n’a finalement pas eu lieu pour cause d’indisponibilité de la personne nous accompagnant ce jour-là. Bien que tout se soit  relativement  bien  passé  et  que  mes  choix  aient  été  respectés,  mon  accouchement  a  été  très éloigné de mon désir d’enfanter dans l’intimité de mon foyer.

J’aimerais  vous  dire  les  raisons  pour  lesquelles  je  souhaitais  un  accouchement  à  domicile,  et  pourquoi mon souhait sera le même pour mes enfants à venir, et pourquoi auprès d’autres parents  membres  du  CDAAD  (Collectif  de  Défense  de  l’Accouchement  à  Domicile)  je  soutiens  ce  droit d’enfanter chez soi accompagnée d’un(e) sage-femme. Lire la suite »

 » l’anéantissement d’une profession médicale exceptionnelle, donnant un véritable exemple du lien essentiel soignant/soigné qui protège et guide vers la santé »

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Mon premier accouchement a eu lieu en clinique j’avais 20 ans,
le deuxième à domicile j’avais 42 ans.

Entre ces deux naissances, j’ai assisté à l’accouchement à domicile d’une amie, je ne connaissais pas cette possibilité à l’époque.
J’ai constaté combien mon amie était libre et soutenue dans ses mouvements nécessaires à son accouchement.
Je pensais alors aux cliniques, aux hôpitaux où la souffrance du silence que les femmes s’imposent de peur d’être reléguées comme « incapable/ignorante » lorsque les jambes dans les étriers elles souffrent, coincées, gênées… combien elles aimeraient marcher, se tourner, trouver la position qui correspondrait à les libérer de la douleur et les accompagner vers la connaissance atavique de ce passage.

Cette constatation était bien loin de la richesse du soin qui sera vécu quelques années plus tard.. Lire la suite »

Une « naissance en douceur »

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Madame,

Il s’est récemment créé le Collectif de Défense de l’Accouchement À Domicile (CDAAD), afin de défendre l’accouchement à domicile et les spécificités conséquentes à ce choix qui ne sauraient être remplacées par toute autre alternative. Les revendications sur CDAAD n’ont reçu de la part des politiques que des réponses insuffisantes telles que le projet de loi adopté sur les maisons de naissance ou la multiplication des « salles nature » ou « pôles physiologiques » dans les maternités. Il me semble aujourd’hui nécessaire et urgent de faire valoir le choix de l’accouchement à domicile. Les femmes qui désirent accoucher chez elles ne veulent pas envisager une autre solution. Elles souhaitent que leur droit d’accoucher librement dans l’endroit qu’elles ont choisi soit respecté et rendu possible.

J’ai accouché il y a deux mois de mon enfant à mon domicile, entourée de mon compagnon, de ma fille aînée et de ma sage-femme. J’ai apprécié cette naissance en douceur, sans manipulation intrusive, dans le respect de ma personne et de ma famille. A la maternité, j’aurais été soumise à certaines contraintes relatives à une prise en charge hospitalière, contraintes que je refuse dans la mesure d’une grossesse non pathologique et d’un accouchement eutocique. Par ailleurs, le fait que le suivi de grossesse, l’accouchement et la surveillance des suites de couches aient été réalisés par la même sage-femme représente un bénéfice important qu’il n’est pas possible de transposer en structure hospitalière. Enfin, je mesure la chance que ma famille et moi avons eu de ne pas subir de rupture dans la vie familiale, de ne pas être séparés dans un moment aussi important, et d’être soutenus et soutenant tous ensemble dans ce moment charnière.
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« Et surtout, demain, je veux que mes propres filles aient le choix »

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A partir de cette semaine, vous trouverez sur le blog la copie des lettres envoyées au Conseil de l’Ordre National des Sages-Femmes au mois de juin par les femmes ayant répondu à notre appel.
Nous publierons chaque jour un nouveau témoignage, la totalité de ceux-ci donnant un large panel d’expériences et d’histoires personnelles ayant pour plus grand point commun le désir d’accoucher à la maison, sereinement, aux côtés d’une praticienne de santé compétente et à leur écoute.

Nous remercions une fois encore toutes ces femmes qui ont accepté de prendre leur plume pour apporter leur soutien aux sages-femmes AAD et pour militer pour notre droit de choisir le lieu de naissance de nos enfants.

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Mesdames,

Maman de deux petites âgées de 3 et 1 an, j’ai eu de la grossesse et de l’accouchement des visions parfaitement opposées.

Il y a trois ans et demi donc, je devenais maman pour la première fois. Après une grossesse « classique » : gynéco – O ’Sullivan – échographie mensuelle  etc… et  accouchement tout aussi banal : rupture – contractions – péri – position gynéco – poussée dirigée – épisio. A cette époque, je ne doutais pas que les conseils donnés par les professionnels de santé entourant la grossesse fussent les bons et qu’ils devaient être suivis à la lettre pour ma santé et celle de mon bébé.

Malheureusement, cet accouchement banal se révéla un désastre pour moi et ma relation avec ma fille. Il me ravagea. 6 mois de suivi psychiatrique et psychologique, des antidépresseurs me permirent de mettre des mots sur mes maux. J’avais été abandonnée à ma douleur, sans soutien, sans réponse et n’avais pu gérer cet accouchement comme je le voulais profondément. J’avais été charcutée sans savoir pourquoi et avait souffert de cette épisiotomie non consentie et ma douleur avait été réduit à une banalité, à une simple lubie de jeune maman. Lire la suite »