Communiqué septembre 2019

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Septembre 2019

Accouchement à domicile : entre droit et choix

 

 

 

 

Nous faisions état de notre inquiétude, lors de notre précédent communiqué, de voir l’accès au choix d’accoucher à domicile reculer.

Les récentes décisions n’ont fait que confirmer nos craintes.

Alors que l’ampleur de la tâche et les échecs nous donnent l’impression de ne pas progresser, une lueur au bout du tunnel s’allume.

Il y a cette récente étude publiée par The Lancet fin juillet, menée par le docteur Eileen Hutton, qui démontre que le risque n’est pas différent que  l’accouchement soit à la maison ou à l’hôpital. Cette revue de grande ampleur a utilisé les données d’une vingtaine d’études publiées depuis 1990 comparant les résultats de 500 000 naissances à la maison et à un nombre similaire de naissances à l’hôpital en Suède, en Nouvelle-Zélande, en Angleterre, aux Pays-Bas, au Japon, en Australie, au Canada et aux États-Unis.  Cette étude met en évidence après croisement et analyse des données que les risques ne sont pas plus élevés, en terme de mortalité périnatale et néonatale, lors d’un accouchement prévu à domicile que lors d’un accouchement prévu en milieu hospitalier pour les grossesses à bas risques .Elle démontre aussi que le risque est encore réduit lorsque l’accouchement à domicile fait partie intégrante de l’offre de soins,

Un lecteur non averti pourrait se demander pourquoi les données françaises ne sont pas intégrées dans cette étude ? Le fait est que nous ne disposons  pas ou trop peu d’éléments permettant d’évaluer l’accouchement à domicile en France.

C’est un des points sur lesquels le CDAAD se bat depuis sa création : que les statistiques soient recueillies et saisies informatiquement lors des accouchements à domicile, afin qu’elles puissent être analysées et puissent servir de référentiel pour mettre en place des recommandations de bonnes pratiques spécifiques aux naissances à domicile, pour leur prise en compte et intégration dans l’offre de soins en France.

De ce fait, nous accueillons et soutenons avec joie le travail de l’APAAD (Association Professionnelle de l’Accouchement Accompagné à Domicile), qui a réussi à faire un état des lieux objectif pour l’année 2018. Il est primordial que les différents acteurs de la naissance travaillent conjointement, professionnels et usagers.

L’analyse des données transmises par les sages-femmes pour l’année 2018, portant sur 1347 naissances déclarées, soit une vingtaine de naissances par sage-femme au cours de l’année, met également en évidence le sérieux de leur accompagnement, qui prend en compte les recommandations de la HAS 2016.

88 sages-femmes libérales pratiquant les accouchements à domicile ont été identifiées pour l’année 2018. Cependant ce sont plus de 30 sages-femmes qui ont arrêté temporairement ou définitivement l’accompagnement global ces dernières années, sous la pression et face aux difficultés de trouver un équilibre familial lorsqu’elles travaillent seules. Les transferts par exemple peuvent être mal accueillis par les équipes hospitalières (qui sont peu informées). Ces situations sont préjudiciables à la patiente et créent un climat de tension à l’instant T, qui se reportera sur le transfert suivant quel qu’en soient les raisons.

Compte tenu du peu de sages-femmes pratiquant les accouchements à domicile, de leur répartition inégale sur le territoire, et de l’augmentation de la demande des parents d’être accompagnés pour donner naissance à domicile, notre crainte est que de plus en plus de familles s’orientent vers un accouchement non assisté (ANA), avec les risques qui peuvent exister sans la présence d’une professionnel de santé formé à accompagner l’accouchement et capable de détecter les éventuels problèmes et intervenir ou organiser rapidement un transfert si nécessaire.

Le CDAAD se fait porte parole des usagers, femmes et couples qui souhaitent mettre au monde leur enfant dans l’intimité de leur foyer, avec le/la professionnel de leur choix, et plaide pour une intégration de l’accouchement à domicile dans l’offre des soins en France. Pour qu’enfin chaque femme et couple puisse exercer le libre choix du lieu de naissance, avec un suivi cohérent et balisé, par la mise en place de recommandations de bonnes pratiques, une assurance spécifique pour les sage-femmes prenant en compte le bas-risque des naissances à domicile et des partenariats avec les structures hospitalières proches incluant l’établissement d’un dossier mutualisé en cas de transfert.

En novembre prochain se tiendra la seconde édition des rencontres entre les sages-femmes AAD et le CDAAD. Cette rencontre est ouverte à tous et a pour but de réunir les différents acteurs de l’AAD afin de poursuivre le travail de fond initié ces dernières années.

Les différents sujets cités ci-dessus seront abordés au cours de conférences et groupes de travail.

L’APAAD sera bien sûr présent pour la poursuite de ce travail collaboratif entre professionnels et usagers.

En cette rentrée 2019, c’est donc avec espoir que nous regardons vers les mois à venir, pour que l’accouchement à domicile, ne soit pas seulement un droit, mais qu’il devienne aussi un choix possible pour toutes les femmes qui le désirent et dont la grossesse se déroule sans encombre, accompagnées par les professionnels formés de leur choix.

 

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