« J’ai découvert à ma grande surprise que l’on pouvait accoucher à domicile ! Quel soulagement !!! »

Publié le Mis à jour le

Une nouvelle lettre de soutien en faveur de l’AAD :

Voici mon témoignage concernant le droit d’enfanter chez soi en toute sécurité.

Je suis auxiliaire de puériculture de métier.
De par ma formation, j’ai pu faire différents stages en milieu hospitalier, notamment en maternité.

Ce que j’y ai vu a suffi à me convaincre de ne pas accoucher à l’hôpital.

La naissance et la rencontre d’un nouveau né avec sa famille est quelque chose de très personnel, intime et qui devrait être respecté et mis sur un piédestal.
Or ce que j’ai pu voir en maternité est très loin de tout cela.
Commençons par l’accouchement en lui même. Les parents arrivent, inquiets, très peu informés sur la physiologie de l’accouchement à la maternité.
Sous prétexte que le corps médical sait, il faudrait que les parents acceptent tout, et ce sans broncher. Sans poser de question. Dès qu’ils commencent à en poser, ils sont catalogués comme les « chiants de service » par le personnel.
Paradoxalement en formation, alors que j’avais à montrer le bain à une maman, ma tutrice est allée jusqu’à me dire en amont « tu t’es fait avoir, cette maman est médecin » ce à quoi je n’ai pu que répondre « et alors? ».
Ce qui prouve bien que le fait de « savoir » quelque chose peut être tout aussi handicapant.
J’ai vu diverses pratiques également limites en ce qui concerne l’hygiène. Une seringue ayant servi à nourrir un nourrisson qui avait du mal à téter le sein de sa mère resservir une heure après sans même avoir été rincée. Et quand j’en ai parlé en privé à ma tutrice j’ai eu droit à « ben tu ne l’as pas rincée??? » j’étais stagiaire. Sensée apprendre mon métier et je mettais le nez de ces personnes dans leur caca…
Parlons encore du dossier médical qui soit disant est disponible et dont les explications du pédiatre sont sensées être transparentes… Ce n’est malheureusement pas toujours le cas. Et parfois certains nourrissons passent des examens alors que leurs parents ne sont même pas au courant du pourquoi du comment (vu en néonat)

Bref. Pour moi, à moins d’une urgence, l’hôpital était le dernier endroit ou j’aurais voulu accoucher. Pas envie d’être jugée, infantilisée, numérotée, cataloguée et dérangée dans ce moment si intime.

J’ai cherché sur le net et j’ai découvert à ma grande surprise que l’on pouvait accoucher à domicile ! Quel soulagement !!!

Très vite, nous avons cherché et trouvé C. la sage femme qui aiderait à accoucher notre famille… Car c’est bien d’une famille que nous avons accouché ce jour là, mon compagnon, mon fils, mon beau-fils et moi même! Tout a changé à partir de cet instant.

C. nous a expliqué les conditions selon lesquelles elle accepterait de nous aider à accoucher à domicile : pas de grossesse gémellaire, pas de présentation praevia, des résultats d’examens nickel sinon rien. Elle nous a demandé d’être suivis dans un hôpital pour que, le cas échéant, s’il y avait le moindre doute, elle puisse nous transférer en urgence. Ainsi d’un point de vue sécurité, l’hôpital avait déjà mon dossier médical et pouvait donc intervenir sans être à l’aveuglette.
J’ai aussi eu le temps de me faire à l’idée que si il y avait une urgence, l’essentiel était de sauver ma vie et celle de notre fils, de fait il fallait faire le deuil de l’AAD dans ce cas.

Neuf mois de grossesse sans complication aucune (sans cela il était hors de question d’accoucher à domicile), et enfin, le 27 janvier 2012, à six heures du matin, sans crier gare, le travail commence. Et quel travail ! 6h plus tard entre rires et larmes, mon compagnon tenait pour la première fois notre fils dans ses bras et quelques secondes après je le tenais contre mon sein, tout chaud, tout luisant, magnifique, indescriptible.

Nous avons, les heures et les jours suivant, pu faire connaissance en toute tranquillité, sans « température! » ou « tension » ou « il n’a pas repris ses dix pour cent il ne peut pas sortir » ou encore la voisine de chambre qui papote, l’angoisse de le laisser seul pour me doucher…etc

Notre sage femme et sa collègue sont venues régulièrement pour vérifier que tout allait bien.
Et si l’allaitement de mon bout d’homme a été compliqué pendant quelques mois, je dois remercier ces femmes qui ont su m’encourager et me guider pour que je puisse trouver de l’aide et des solutions à nos soucis…
À la maternité, on m’aurait dit de lui donner un biberon… comme j’ai pu le voir tant de fois en deux mois de stage…

Et maintenant que j’ai vécu cela, alors que dans tant d’autres pays européens c’est devenu monnaie courante, que des études montrent même qu’il y a moins de complications (même si cela peut toujours arriver) , j’ai encore du mal à comprendre comment on peut en venir à vouloir interdire aux sage-femmes d’exercer leur métier en accouchant à domicile. J’ai autant de mal à comprendre pourquoi les assurances refusent de baisser leurs tarifs, puisque s’il y a le moindre doute, ces professionnelles transfèrent systématiquement leurs patients à l’hôpital. J’ai encore plus de mal à comprendre comment l’état qui se targue de vouloir faire diminuer le trou de la sécurité sociale en nous faisant payer certains actes ou médicaments dits « de confort » peut juste oublier que l’AAD lui ferait faire des économies car il revient moins cher.

Les parents ont le droit d’avoir le choix entre l’hôpital ou leur domicile quand cela est possible.

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