« Tout pourrait être si simple ! »

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Madame, monsieur,

Je viens, par la présente, témoigner de mes accouchements, dont le premier s’est déroulé, en mars 2010, à la maison. J’ai désiré avec mon compagnon que cet instant précieux ait lieu à domicile car je le voulais unique, accompagné des personnes de mon choix et dans le cadre familial, pour accueillir cette nouvelle vie sur Terre. J’estime que l’on se doit d’accueillir comme nous le désirons nos enfants au moment où ils respirent pour la première fois l’air de cette planète: quoi de mieux que leur propre maison, si cela leur est possible?

J’ai donc accouché à domicile pour mon premier enfant, M., et cela reste un des plus grand, beau et fort souvenir de ma vie: une sage-femme exceptionnelle et rassurante (XX, qui s’est hélas radiée…), un cadre qui n’a pas changé entre les premières contractions et la phase ultime : cela est crucial car aucun stress (lié au transport, à l’arrivée en salle prépa, puis en salle d’accouchement, à l’intrusion de personnel inconnu…) ne vient troubler ce qui se présente comme une suite logique de la journée commencée…

Autre atout : on est dans un climat de confiance, on sait qu’on n’est peu nombreux (mari, SF, moi…) et qu’il faut que l’on compte les uns sur les autres – et particulièrement sur soi-même – pour ce temps fort.

En accouchant dans ces conditions, on découvre aussi toutes les ressources que nous possédons, nous les femmes, pour canaliser toute notre énergie à donner la vie : instant de révélation dont on nous prive si, en milieu hospitalier, on sait que l’on peut se reposer sur diverses interventions extérieures, qui finalement nous dépossèdent de nos valeurs, de notre courage…

L’accouchement s’est très bien déroulé et nous avons eu la joie de passer la semaine qui a suivi à la maison, avec visite quotidienne de la sage-femme et de qui nous voulions, dans ma chambre. Un calme et une continuité qui ont fait de cet événement à la fois un moment intense dans un quotidien à la fois logique, continu : 9e mois, les contractions, on s’installe confortablement dans son canapé au lieu de songer à partir sur les quatre roues, on savoure la montée et l’accroissement des contractions, on sent le moment arriver, on monte à la chambre, on accouche, l’enfant est là, on est aux anges, on cocoonne dans notre lit plusieurs jours, puis on redescend au jardin, etc… La vie, quoi ! Tout pourrait être si simple !

J’ai ensuite souhaité accoucher à nouveau à domicile pour mon deuxième enfant, mais la cohésion du couple n’étant plus ce qu’elle était, la sage-femme d’alors a préféré ne pas porter ce projet car ma situation maritale était inquiétante – ce qui s’est transformé en divorce ensuite…

Mon deuxième enfant, C., est donc né à l’hôpital en décembre 2011 : grosse différence pour moi. Je m’y suis sentie seule, l’environnement était froid, les sages-femmes, bien que très gentilles, m’étaient étrangères, et elles n’ont pas saisi l’instant où j’allais accoucher – ce que je savais, moi – ; ce qui fait que j’ai accouché « en soudaineté » sur le lit de la salle prépa, après m’y être jetée en 4e vitesse à quatre pattes, et pour expulser mon fils vitesse grand V!! Quelle différence !! Le travail avait également été tout autre : long, lent, douloureux… puis soudain, presque inattend u: je n’avais pas su me placer en « réception » totale de mes ressentis dans ce milieu.

Aussi, je comprends mieux les accouchements de mes comparses qui s’éternisent, et finissent au bistouri… et je les regrette. Nous devrions toutes pouvoir avoir la chance de pouvoir envisager nos accouchements dans le cadre de notre choix, tout en ayant une version « sécurité » à portée de quelques minutes, pour ces instants qui se doivent de rester chaleureux. Les accouchements réussis et heureux marquent les enfants accueillis ainsi pour toute leur vie. Même s’ils sont oubliés, les premiers instants de nos vies restent dans nos inconscients, dans nos corps, et nous dirigent ensuite dans nos vies : premiers insufflements de confiance en nous : « Oui je suis désiré et attendu, et on m’accueille avec amour et attention. » Quoi de mieux pour que le futur individu social se sente bien?

Clef de la réussite, clef de voûte, même, et donc aussi de celle de la société dans laquelle nous évoluons. Nous avons tous à y gagner.

Si à l’avenir je dois à nouveau porter la vie, je souhaite pouvoir accoucher chez moi, comme je l’entends.
Pour cela, nous avons grandement besoin de ces précieuses sages-femmes AD pour nous accompagner : elles seules ont ce pouvoir et ces capacités si spéciales. Offrez donc à la Terre un cadeau de choix : laissez les femmes libres de donner la vie selon leur choix, et non en leur imposant un système rébarbatif…

Merci pour nous et les futurs bébés accueillis.

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