« Être « acteurs » et non « spectateurs » « 

Publié le Mis à jour le

Madame, Monsieur,

Nous avons réalisé notre souhait d’accoucher à la maison en avril 2013. Notre motivation initiale était d’accoucher dans un environnement calme, familier, et si possible le moins médicalisé possible.

Finalement, c’est tout un chemin qui s’est dessiné dont nous n’attendions pas une si grande richesse. Nous voulons témoigner ici des principaux bénéfices de l’AAD pour nous, qui n’auraient pas été réalisables dans une structure médicalisée.

Le suivi de grossesse :

– La confiance en nous et en la relation couple/sage-femme grandit au fur et à mesure de l’accompagnement tout le long de la grossesse jusqu’à se sentir complètement à l’aise le Jour J.
– Nous n’avons jamais eu la sensation de se sentir comme un client, mais un patient. Nous avons toujours eu le temps et l’espace de poser nos questions, et étions écoutés / des discussions et une réflexion profonde sur les différents aspects de la maternité (grossesse + accouchement et après).

L’accouchement :

– cet accompagnement revêt une dimension inestimable du fait qu’il est réalisé avec la sage-femme qui procèdera à l’accouchement (c’est notamment une dimension de responsabilité et d’engagement personnel). Accoucher à la maison me rassurait : une seule Sage-Femme qui nous suit tout du long et qui est là le jour J, notre intimité et nos rythmes respectés, pas de rupture de la continuité de la vie de famille, présence sans interruption de la Sage-Femme tout le long de l’accouchement, présence de cette même sage-femme en cas de transfert qui nous connaît et peut assurer le lien avec l’équipe hospitalière, incroyable chance que la sage-femme assure les soins post-naissance à la maison, et peut donner les conseils aux parents en fonction de ce qu’ils sont dans leur milieu naturel.

– le souhait d’un accouchement physiologique (c’est-à-dire au plus près de ses caractéristiques universellement partagées) respectueux de l’état d’esprit de la femme qui accouche, lui laissant le maximum d’espace pour comprendre, ressentir et enfin accomplir un processus dans toutes ses dimensions. La perspective de l’hôpital ne me rassurait pas du tout à ce niveau-là, car l’idée d’un changement d’équipe, de ne pouvoir rester dans une ambiance intime et sereine, devoir « expliquer » plus d’une fois au personnel médical ce qu’on ressent, ce qu’on vit, en étant du coup déconnectée de l’instant présent qui dépasse la parole

– Être « acteurs » et non « spectateurs », traverser et vivre pleinement le processus naturel de l’accouchement à une époque notamment ou les échographies (et éventuellement autres examens) nous permettent de toute façon de déceler la nécessité impérieuse d’un environnement et d’une prise en charge médicalisés.

– l’incroyable place du père, s’il le souhaite, tout au long de l’accouchement : présence, écoute, massages, soutien, qui rend ces moments des vrais moments vécus à 2. Mon conjoint parle toujours de « notre accouchement ».

Le post partum

C’est une chance inouïe de pouvoir avoir la visite de la sage-femme quotidiennement pendant une semaine puis encore après. C’est rassurant car on a besoin du regard d’un professionnel à ce moment-là, mais c’est aussi nécessaire pour les examens à faire à la naissance.

La possible disparition rapide de l’AAD en France nous rend très tristes mais ne nous empêchera pas de revivre cette situation si l’occasion se présente. Nous ne ferons pas le choix pas défaut d’aller dans un hôpital.

De plus, je suis plutôt étonnée d’un certain laxisme que j’ai pu observer à l’hôpital (alors que je ne saurais en dire autant pour la sage-femme qui nous a suivis et assistés dans notre accouchement):

– je n’ai jamais signé de documents prouvant que j’étais dûment informée des risques inhérents à un accouchement en structure (touchers vaginaux pratiqués sans avoir demandé son accord à la patiente ; décollement des membranes, poche percée, épisiotomie, et autres actes non énoncés ni acceptés au préalable).
– Information non complète sur les examens et analyses pratiquées et sur leurs risques et leur taux d’échec.

J’espère que mon courrier saura attirer votre attention sur l’énorme richesse de l’AAD, qui permet aux femmes d’avoir le choix de comment accoucher.

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