« En continuant à ne pas défendre pour nous ce choix, c’est à ces extrêmes que vous nous condamnez »

Publié le Mis à jour le

Madame la Présidente,

 

Je tenais à vous écrire aujourd’hui afin d’attirer votre attention sur les difficultés que rencontrent aujourd’hui les femmes qui souhaitent accoucher à domicile.

Je suis une jeune maman de 30 ans et nous envisageons avec mon mari un nouvel enfant prochainement.

J’ai pour mon premier enfant accouché en maternité et souhaite vivement pour le prochain accoucher à mon domicile dans les meilleures conditions possibles, or à ce jour je considère que ce choix ne m’est pas donné.

Je ne parle pas ici d’une solution en maison de naissance qui n’est en aucun cas comparable à un accouchement à domicile.

Un accouchement à domicile me permettrait d’accueillir en toute intimité dans mon cercle familial, cela permettrait également à mon époux d’être totalement acteur dans la naissance de son enfant, ce qui malgré les efforts faits, n’est pas le cas en structure.

Le fait de bénéficier d’un accompagnement global dispensé par une sage-femme, qui est rappelons-le un professionnel participera grandement à mon apaisement.

Cet accouchement à domicile nous permettra de ne pas éloigner notre premier enfant de cet évènement et sera vécu par lui comme une continuité de notre vie de famille

Toutes les femmes devraient aujourd’hui avoir le choix et je trouve inacceptable qu’aucun moyen ne soit mis en œuvre pour leur donner. Pire, j’ai la sensation contraire, de plus en plus de sages-femmes arrêtent suite à des pressions ou comme récemment des radiations pour des motifs plus que discutables !

Ces derniers mois dans ma région Sud-Ouest trois sages-femmes ont été radiées par la Chambre disciplinaire.

Deux des arguments à charges ont été : d’avoir manqué à leur obligation d’information des patientes et d’avoir opposé un manquement à leur devoir de confraternité et de bonnes relations avec les équipes des maternités.

Je souhaite maintenant revenir sur mon premier accouchement qui a eu lieu en structure (maternité de niveau 3) pour une grossesse sans complication.

A aucun moment je n’ai été informée de quelque manière que ce soit (orale ou écrite) des risques que je courrais à accoucher à l’hôpital. J’ai d’ailleurs subi un déclenchement, j’utilise sciemment le mot « subi » car aucun avis ne m’a été demandé, et aucune explication des risques que j’encourrais ne m’a été exposé (instrumentalisation, césarienne, hémorragie de la délivrance…)

Et pourtant, les sages-femmes de l’équipe n’ont pas été radiées, ce sont pourtant des situations constantes en milieu hospitalier et contre lesquelles vous ne prenez aucune mesure disciplinaire. Je considère ici qu’il y a une différence flagrante de traitement entre les praticiennes en structure et celles à domicile.

Quant au deuxième argument de manquement à leur devoir de confraternité, je ne pense pas que le personnel hospitalier fasse preuve de confraternité. La seule évocation d’un désir d’accouchement à domicile entraine irrémédiablement de hauts cris, mensonges, menaces et épée de Damoclès. Tant et si bien que nombres de futures mamans renoncent à communiquer sur leur projet.

Croyez que je regrette cet état de fait, cela empêche dramatiquement la bonne circulation des informations et lors d’un transfert celles-ci peuvent s’avérer primordiale !

C’est à vous Conseil de l’Ordre de revaloriser l’AAD et les sages-femmes qui le pratiquent, afin que nous puissions avoir le choix, pour que nos sages-femmes soient respectées car elles sont respectables. Ce sont des professionnelles qui méritent une autre considération.

Je suis une femme, une maman, une future maman et une future grand-mère qui veux avoir le choix, que mes enfants aient le choix. Malheureusement aujourd’hui par votre inaction vous m’ôtez petit à petit ce choix. Et que nous restera-t-il alors ? Une naissance en structure ou le respect est aussi aléatoire que le planning des équipes ? Une naissance à domicile sans assistance ? Parce qu’en continuant à ne pas défendre pour nous ce choix c’est à ces extrêmes que vous nous condamnez.

 

J’espère que mon témoignage et ma demande sera entendus par vos instances.

Dans l’attente de mesures concrètes et positives de votre part veuillez agréer, Madame, mes salutations distinguées.

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