» l’anéantissement d’une profession médicale exceptionnelle, donnant un véritable exemple du lien essentiel soignant/soigné qui protège et guide vers la santé »

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Mon premier accouchement a eu lieu en clinique j’avais 20 ans,
le deuxième à domicile j’avais 42 ans.

Entre ces deux naissances, j’ai assisté à l’accouchement à domicile d’une amie, je ne connaissais pas cette possibilité à l’époque.
J’ai constaté combien mon amie était libre et soutenue dans ses mouvements nécessaires à son accouchement.
Je pensais alors aux cliniques, aux hôpitaux où la souffrance du silence que les femmes s’imposent de peur d’être reléguées comme « incapable/ignorante » lorsque les jambes dans les étriers elles souffrent, coincées, gênées… combien elles aimeraient marcher, se tourner, trouver la position qui correspondrait à les libérer de la douleur et les accompagner vers la connaissance atavique de ce passage.

Cette constatation était bien loin de la richesse du soin qui sera vécu quelques années plus tard..

Allait se révéler lors de  ma deuxième grossesse combien le suivi d’une même Sage Femme présente dès les premiers mois, présente le jour « J » dès les premières contractions jusqu’à la délivrance, puis tous les jours pendant une semaine après, offre aux femmes une réduction étonnante de la peur et par contre coup de la douleur : et combien l’appropriation de son accouchement devient une force pour la vie future de la famille et du couple.

Suite à mon premier accouchement j’ai eu besoin de plusieurs années de suivi  par mon médecin, puis de séances chez une psychologue pour sortir enfin la tête hors de cette épreuve. Un accouchement long et douloureux, qui fût par la suite consommateur  d’énergie et de frais pour moi, pour mon mari, et pour notre petite fille dont la maman était déprimée.

Être fière d’avoir accoucher, fière d’être mère.
Dans un contexte hélas des plus classiques j’avais développé pendant ma grossesse et lors de mon accouchement :  solitude, enfermement, terreur, peur, souffrance, non confiance en mon corps de femme, comportements validés « normaux » par le corps médical et que je validais également sans rien remettre en question, j’étais la seule coupable de mon état : « la fautive, l’inapte, l’ignorante ».
En fait on m’avait entouré de routines, d’absence de présence, de non confiance en mes capacités dans ce passage pourtant si puissant qu’est la naissance, la peur et l’incapacité avaient été présentes dans un moment de vie extraordinaire complètement banalisé, qui devait déranger personne, pour soit disant me protéger j’ai été dépossédée et je ne devais me plaindre à personne je devenais « femme »

Pour mon deuxième accouchement ma Sage Femme m’a accompagnée vers une prise en charge de l’évènement du début à la fin, elle a réveillé ma Responsabilité d’Être afin que je conserve et que j’ai accès à mon énergie et ce du début de ma grossesse jusqu’à l’allaitement de mon bébé, pour y arriver j’ai reçu : sa présence professionnelle sans faille car accompagnée sans relâche de sa compassion donc de patience, de découverte de mon individualité, de confiance, de sérénité, d’humilité, de joie. L’accouchement est passage unique comme l’enfant à naître comme la mère, à domicile la Sage Femme m’a guidé vers cela.
J’ai appris à ne pas désaffecter une situation alors que les résultats semblent négatifs ( échographie pendant la grossesse dénonçant une « soi-disant » malformation du cœur de mon bébé..)
J’ai su qu’on vivait dans un pays démocratique et sécurisant où on pouvait avoir une intention  : comme accoucher à la maison, tout préparer pour et préparer tout autant l’éventualité d’un accouchement en milieu hospitalier, que j’avais ce luxe, je préparai une naissance et MON accouchement.

Notre fille est née à la maison dans le bonheur, la détente et l’émerveillement paisible d’un partage intense sans peur, sans cri, sans gêne.
Le placenta est sorti par intervention gynécologique à la clinique à laquelle j’étais inscrite qui est à 20mn de ma maison. Ma Sage Femme a vite compris la nécessité d’appeler l’ambulance. Avant son arrivée j’ai reçu les premiers soins par l’assistance de son matériel qu’elle avait avec elle.

Je n’ai vécu aucune crainte, son savoir faire professionnel lié à toute l’affection et la compréhension de ma situation ont su me soutenir dans cette épreuve.
On a été accueilli en clinique correctement. À sa demande, ma Sage Femme est restée près de moi jusqu’à la fin de l’intervention et l’arrivée de mon mari et de notre nouvelle fille.
J’ai pu assister à toute l’humilité qu’elle a déployé auprès du service qui m’a pris en charge.
Le lendemain matin nous nous retrouvions tous à la maison, ma Sage Femme est venue huit jours, chaque rencontre fût un jour d’échange profond sur l’allaitement et ma santé féminine.

J’ai vécu un accouchement sain porteur d’une énergie constructive pour moi et ma famille.
Si je devais revivre une naissance je la vivrais une nouvelle fois avec une Sage Femme à la maison, et je prendrais le risque d’ être rapatriée sur une clinique.
La possibilité d’être entourée pour s’accoucher comme on peut l’être à la maison est une vraie avancée pour les femmes.
Je souhaite de tout mon cœur que mes filles, petites filles, arrières petites filles…puissent toujours avoir ce choix, ce luxe, cette sécurité que nous offre l’avancée du monde civilisé dans lequel nous vivons.
L’interdiction, ou  pire encore la perversion de la non possibilité de vivre cet évènement à la maison (par la demande d’une assurance hors de prix pour vivre ce passage) serait une véritable régression quant à la condition de la femme, comme l’obligation de porter un « tchador » l’est ailleurs, sans compter l’anéantissement d’une profession médicale exceptionnelle donnant un véritable exemple du lien essentiel soignant/soigné qui  protège et guide vers la santé.

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