J’imagine…

Publié le Mis à jour le

Témoignage de Charlotte, maman

Mon bébé, mon tout petit ou ma toute petite, mon futur petit être, je rêve déjà de toi, de ta création, de ta vie en moi, de ta naissance au sein de notre foyer.

J’imagine être entourée de ton papa, et d’une femme exceptionnellement gentille, douce, respectueuse de nos volontés, pour m’aider au moment où tu auras décidé de nous rencontrer. J’imagine être à la maison, et y rester surtout. J’imagine l’atmosphère des pièces, comme une bulle coupée du monde, comme un nuage moelleux, chaleureux où régnerait la sérénité et l’amour. J’imagine la magie de l’instant, ce temps suspendu où plus rien ne compte à part toi, ton papa, ton frère et moi. J’imagine le calme après ta première inspiration, blotti(e) au creux de mes bras, emmitouflé(e) dans un linge chaud et d’une infinie douceur, cherchant d’instinct mon sein pour te délecter et te rassurer. J’imagine un câlin tous les quatre et cette femme si discrète nous apporter les soins dont nous avons peut-être besoin. J’imagine le repos, les odeurs familières, et la certitude de t’avoir offert la plus respectueuse des naissances.

J’imagine car je ne sais pas ce que sera demain. Mais j’aimerais tant vivre cette expérience unique dans l’intimité que l’on a choisie! Quand je lis les histoires de toutes ces femmes qui ont donné naissance à leur(s) enfants(s) au sein de leur foyer, et que les larmes me montent aux yeux, je n’exprime en fait que l’émotion de l’expérience la plus naturelle au monde : donner la vie.

Ton grand frère est né à la maternité, de la façon la plus naturelle possible, et non qui soit… En plein accouchement, on ne pense plus à tout… Pour lui, je n’ai pas pensé à refuser de m’allonger sur le dos, je n’ai pas réussi à faire abstraction du monitoring, plus stressant que rassurant, et quand la sage-femme s’est « souvenue » que la position sur le dos était la pire sans péridurale et qu’elle m’a proposé de me mettre par terre, je ne me sentais plus capable de bouger, j’étais perturbée, agitée, alors que tout mon travail s’était fait sereinement, seule avec ton papa, dans la pénombre, et la position que je voulais. Cette salle d’accouchement était trop éclairée, trop bruyante, trop loin de mon idéal.

Sa naissance a tout de même été merveilleuse en soi, je n’espérais pas forcément mieux avant… Mais maintenant, j’ai évolué, j’ai pris du recul et vu ce qui n’allait pas.

La chute hormonale a été très brutale aussi, et les larmes coulaient à flots alors que j’étais la femme la plus heureuse de la Terre! Mais aujourd’hui, je réalise que ce cafard monstre qui me guettait et me sautait dessus chaque soir avant que ton papa ne quitte la chambre de la maternité ne traduisait en fait qu’un sentiment d’abandon, d’être « incomplète ». Ma famille n’était pas réunie 24h/24 et dans cette atmosphère froide et neutre, je n’arrivais pas à me consoler.

Je ne jette aucune pierre sur cette structure où ton frère est né, j’ai eu un soutien hors pair pour la mise en route de l’allaitement et une écoute à n’importe quel moment du jour ou de la nuit.

Mais je sais que je veux plus pour toi; je veux mieux pour nous. Je veux la liberté de la position jusqu’à l’expulsion, je ne veux pas le risque d’une intrusion médicale non justifiée, je veux du calme pour toi, qu’on ne nous réveille pas le matin parce qu’il faut manger ou faire le lit, qu’on ne vienne pas nous déranger pour toujours poser les mêmes questions, qu’on ne soit pas coupés(es) de ton frère et de ton papa, qu’on ne nous oblige pas à se laver à telle ou telle heure, à prendre les repas à heures fixes, je veux mes affaires sous la main, mes odeurs, mes repères. Je veux épargner la fatigue des allers-retours à ton papa avec le risque routier qui l’accompagne. Je veux que ton frère ne se sente pas exclu de mes bras, qu’il retrouve tout de suite sa place et t’en fasse une belle à ses côtés.

Je veux que ta vie démarre ainsi parce que nous n’avons besoin de rien d’autre à part tout l’amour du monde

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Une réflexion au sujet de « J’imagine… »

    esperanda a dit:
    18 novembre 2013 à 8:21

    Beau récit. Le babyblues à la maternité, j’ai bien connu aussi. Et si je n’ai pas fait le pas de l’AAD, j’ai fait celui de l’HAD et quel soulagement que de rentrer chez soi, dans son cocon entouré de ceux qu’on aime ❤ pour pouvoir découvrir son bébé et créer des liens sans interventions extérieures ❤

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