Ce que mon cœur souhaite, ce que mon corps réclame

Publié le Mis à jour le

Témoignage de Vanessa, maman

Contrairement à beaucoup de mamans ici, je n’ai pas encore connu l’expérience de l’accouchement à domicile. Mais je peux vous expliquer, pourquoi, mon choix s’oriente vers un accouchement dans la douceur de ma maison.

Je ne suis ni une « hippie », ni une « originale » juste une femme parmi tant d’autres qui a vécu la déshumanisation en milieu hospitalier.

J’ai découvert des témoignages transcendants, et connus des femmes qui ont expérimenté l’accouchement à domicile. J’ai compris que c’était ce que mon cœur souhaitait, ce que mon corps réclamait.

Enceinte pour la première fois, j’ai vite été happée par ce tourbillon médical, sans rien pouvoir maîtriser. En deux en trois mouvements, voilà que notre corps ne nous appartient plus. J’étais désormais «la patiente X » la patiente sans jugeote, qui doit se contenter de plier l’échine devant le sacro-saint corps médical, sous peine d’être une inconsciente.

Mon accouchement s’est transformé en cauchemar. La certitude d’être un individu respecté et libre, n’était plus qu’une plaisanterie entre ces murs. Et pire encore…on m’a privée de mon statut de maman. Sans compter ma fille qu’on a considérée, comme une pâle imitation d’être humain, à peine arrivée dans ce monde.

Je vous laisse imaginer, l’humeur de la sage-femme qui vous reçoit, lorsque vous osez arriver en travail, un jour où il y a 17 accouchements. .. Ici cela été très simple : une sage-femme froide à faire givrer un iceberg, une solitude angoissante, dans une chambre austère, avec pour toute communication et signe de bienvenue, l’ordre de vous videz les intestins et une pose de perfusion à la vitesse du son. Je me suis retrouvée seule, avec un compagnon aussi désemparé que moi, et pour seule présence, le bruit du monitoring qui fait monter la tension dés le moindre changement.

2 heures à peine après mon arrivée, bébé étant encore haut et les eaux perdues, voilà que Saint-gygy se met à me parler de césa…(autant continuer jusqu’au bout , vu la lancée…) Mais, en bon seigneur, il me laisserait d’abord essayer seule (sachant que cela aboutira où il veut) ….Quelle paix intérieur, que de se retrouver en milieu si hostile, avec une césarienne qui plane sur votre tête……évidement aucune de prise de position de la part de la sage-femme,….quand gygy parle, on se tait ! Et puis, il faut bien libérer le lit ma ptite dame, il y a d’autres femmes à torturer….

La seule fois où notre petite personne intéresse le personnel hospitalier, c’est pour l’ouverture du col. J’ai eu droit à des touchers vaginaux abominables, à me faire hurler et à me faire arquer de douleur, devant mon chéri au bord de l’implosion….moi qui gérais bien les contractions, j’étais angoissée à en vomir, lorsque je voyais arriver les mains impitoyables de la sage-femme, pour me violer mon intérieur. J’ai fais l’immense erreur d’accepter la péri sous cette pression…s’en est suivi un arrêt du travail instantané….ni une, ni deux, en avant pour le bloc, pour m’arracher mon enfant de force.

Ma fille m’a fait l’effet d’un rêve embrouillé, même pas le temps de sentir sa peau contre la mienne ou de la prendre…à la place, quoi de meilleur que de se retrouver en salle de réveil au milieu d’ opérés du cœur et autres…..de maman, je suis passé à « opérée », quand à ma pauvre petite puce, elle, n’a pu téter que 5 heures plus tard….

Plus jamais !

Je ne veux plus jamais être une marionnette , parmi des dizaines d’autres, dans ces usines de « mise bas ». Plus question de n’être plus qu’un utérus à inciser et à vider. Plus question que ma fille fasse son arrivée dans un monde, où elle est déjà considérée comme un pantin, muni d’un code barre.

Le meilleur cadeau que je puisse donner à mon enfant, est de naître dans un lieu qui est le sien, remplit d’amour, de douceur et de respect. De terminer son processus de naissance comme il l’a commencé : dans la chaleur de sa mère, à qui on aura rendu son titre et sa dignité.

Je souhaite récupérer mon droit légitime de maman, de pouvoir prendre mon bébé contre moi, de respirer son odeur apparemment si délicieuse. Le cajoler, sans personne pour me l’arracher, le priver de manger ou lui infliger d’autres cruautés inutiles.

Je souhaite avoir quelqu’un qui soit totalement disponible pour mon enfant et moi, qu’on inclut mon compagnon en tant que père actif, et non comme un spectateur lambda. De pouvoir vivre ce jour exceptionnel dans la joie, l’amour et la paix.

Vous n’imaginez pas, à quel point le/la sage-femme présent à vos côtés, peut compter : ses regards, son attention, une caresse encourageante, un murmure à notre oreille pour nous dire ce qu’on a besoin d’entendre, parce qu’il/elle nous connait bien. Sa façon de nous considérer avec tant d’humanité, de donner à ce nouvel être tout le respect qu’il mérite……sa façon de tout simplement rendre à ce jour si spécial, toute sa dimension.

Ce n’est pas un choix farfelu, ou irresponsable, au contraire. C’est juste rendre à ce moment d’humanité, la place qu’elle mérite.

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3 réflexions au sujet de « Ce que mon cœur souhaite, ce que mon corps réclame »

    Nini a dit:
    3 novembre 2013 à 8:28

    Je comprend tt a fais ce ressenti et j’en ai des frissons partout !! Mon bébé est née aussi a l’hôpital et par cesa apres 12 h de contractions (siege)… je souhaite de tt cœur que mon deuxieme enfant puisse naitre a la maison ! On se sens pas bien en milieu hospitalier !! beaucoup mieux dans le cocon familial !!

    katinka0705 a dit:
    4 novembre 2013 à 8:42

    J’ai également eu une très mauvaise expérience à l’hôpital, ce qui a fait que mon deuxième enfant est né à la maison. Aujourd’hui je ne veux pas d’autres enfants, mais je suis en paix avec moi-même. Le deuxième accouchement à la maison avait été un rêve, tel que je l’avais imaginé déjà pour mon premier enfant. Il s’est réalisé au deuxième. C’est merveilleux de mettre soi-même son enfant au monde. C’est la plus belle expérience de ma vie.

    dophinel a dit:
    6 novembre 2013 à 4:37

    Ce que tu as vécu est assez terrible et tu le décris avec beaucoup de lucidité. J’ai particulièrement aimé la fin où tu décris l’importance de l’attitude et de la disponibilité de la sage-femme. Pour ma part j’ai accouché à la clinique mais avec ma sage-femme libérale, elle est restée avec mon mari et moi jusqu’au bout, dans un climat de bienveillance, de liberté, de respect. On appelle cela « accoucher en plateau techique ». J’ai eu l’accouchement dont je rêvais. Je voulais partager ce que j’ai vécu pour dire que le problème n’est pas tellement l’hopital, mais son règlement, ses protocoles, et le suivi qu’il propose …

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