Nouvelle équipe au CDAAD !

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Du sang neuf et de la motivation à revendre !

L’assemblée générale ordinaire du mois de mai (Lien vers le compte-rendu) a élu un nouveau conseil d’administration avec 3 membres sortants et 5 nouveaux membres.

Les nouveaux membres du conseil d’administration sont :

BOINA Fardati, COLAS Morgane,  COLIN Maryse, FOSCHIATTI Amandine, GOUPIL- HAUGUEL  Laurène  , KOENIG Didier, RAYNAUT-FINA Lauranne, ROBINET-CEDIEL Sabrina

Vous trouverez leurs présentations ici.

Ils ont élu lors de leur premier conseil d’administration, le mardi 9 juin, le nouveau bureau :

      • Présidente : Lauranne Raynaut-Fina
      • Trésorière :Maryse Colin
      • Co-Secrétaires
        • Amandine Foschiatti et Laurène Goupil-Hauguel

Plusieurs personnes se sont également proposées pour être membres actifs.

Nous avons ainsi une belle équipe d’une douzaine de personnes qui devrait pouvoir mener les projets en-cours ! Nous leur souhaitons un beau mandat et continuons à recruter des militants motivés !

Courrier du 04 juin 2020 à l’attention de ministre de la santé

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Lien vers le courrier en PDF

Suite à la réponse faite par le ministre de la santé aux 2 sénateurs qui l’interrogeaient sur l’accouchement à domicile, nous ne pouvions rester sans réagir. Vous trouverez ci-dessous  commune faite avec l’APAAD et l’ONSSF.

 

Lettre ouverte au conseil national de l’Ordre des Sages Femmes

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LETTRE OUVERTE AU CONSEIL NATIONAL DE L’ORDRE DES SAGES FEMMES AU SUJET DE L’ACCOMPAGNEMENT DES ACCOUCHEMENTS À DOMICILE EN FRANCE

Lettre ouverte du 05 février 2020 au CNO – Ouverture du pdf

Communiqué septembre 2019

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Septembre 2019

Accouchement à domicile : entre droit et choix

 

 

 

 

Nous faisions état de notre inquiétude, lors de notre précédent communiqué, de voir l’accès au choix d’accoucher à domicile reculer.

Les récentes décisions n’ont fait que confirmer nos craintes.

Alors que l’ampleur de la tâche et les échecs nous donnent l’impression de ne pas progresser, une lueur au bout du tunnel s’allume.

Il y a cette récente étude publiée par The Lancet fin juillet, menée par le docteur Eileen Hutton, qui démontre que le risque n’est pas différent que  l’accouchement soit à la maison ou à l’hôpital. Cette revue de grande ampleur a utilisé les données d’une vingtaine d’études publiées depuis 1990 comparant les résultats de 500 000 naissances à la maison et à un nombre similaire de naissances à l’hôpital en Suède, en Nouvelle-Zélande, en Angleterre, aux Pays-Bas, au Japon, en Australie, au Canada et aux États-Unis.  Cette étude met en évidence après croisement et analyse des données que les risques ne sont pas plus élevés, en terme de mortalité périnatale et néonatale, lors d’un accouchement prévu à domicile que lors d’un accouchement prévu en milieu hospitalier pour les grossesses à bas risques .Elle démontre aussi que le risque est encore réduit lorsque l’accouchement à domicile fait partie intégrante de l’offre de soins,

Un lecteur non averti pourrait se demander pourquoi les données françaises ne sont pas intégrées dans cette étude ? Le fait est que nous ne disposons  pas ou trop peu d’éléments permettant d’évaluer l’accouchement à domicile en France.

C’est un des points sur lesquels le CDAAD se bat depuis sa création : que les statistiques soient recueillies et saisies informatiquement lors des accouchements à domicile, afin qu’elles puissent être analysées et puissent servir de référentiel pour mettre en place des recommandations de bonnes pratiques spécifiques aux naissances à domicile, pour leur prise en compte et intégration dans l’offre de soins en France.

De ce fait, nous accueillons et soutenons avec joie le travail de l’APAAD (Association Professionnelle de l’Accouchement Accompagné à Domicile), qui a réussi à faire un état des lieux objectif pour l’année 2018. Il est primordial que les différents acteurs de la naissance travaillent conjointement, professionnels et usagers.

L’analyse des données transmises par les sages-femmes pour l’année 2018, portant sur 1347 naissances déclarées, soit une vingtaine de naissances par sage-femme au cours de l’année, met également en évidence le sérieux de leur accompagnement, qui prend en compte les recommandations de la HAS 2016.

88 sages-femmes libérales pratiquant les accouchements à domicile ont été identifiées pour l’année 2018. Cependant ce sont plus de 30 sages-femmes qui ont arrêté temporairement ou définitivement l’accompagnement global ces dernières années, sous la pression et face aux difficultés de trouver un équilibre familial lorsqu’elles travaillent seules. Les transferts par exemple peuvent être mal accueillis par les équipes hospitalières (qui sont peu informées). Ces situations sont préjudiciables à la patiente et créent un climat de tension à l’instant T, qui se reportera sur le transfert suivant quel qu’en soient les raisons.

Compte tenu du peu de sages-femmes pratiquant les accouchements à domicile, de leur répartition inégale sur le territoire, et de l’augmentation de la demande des parents d’être accompagnés pour donner naissance à domicile, notre crainte est que de plus en plus de familles s’orientent vers un accouchement non assisté (ANA), avec les risques qui peuvent exister sans la présence d’une professionnel de santé formé à accompagner l’accouchement et capable de détecter les éventuels problèmes et intervenir ou organiser rapidement un transfert si nécessaire.

Le CDAAD se fait porte parole des usagers, femmes et couples qui souhaitent mettre au monde leur enfant dans l’intimité de leur foyer, avec le/la professionnel de leur choix, et plaide pour une intégration de l’accouchement à domicile dans l’offre des soins en France. Pour qu’enfin chaque femme et couple puisse exercer le libre choix du lieu de naissance, avec un suivi cohérent et balisé, par la mise en place de recommandations de bonnes pratiques, une assurance spécifique pour les sage-femmes prenant en compte le bas-risque des naissances à domicile et des partenariats avec les structures hospitalières proches incluant l’établissement d’un dossier mutualisé en cas de transfert.

En novembre prochain se tiendra la seconde édition des rencontres entre les sages-femmes AAD et le CDAAD. Cette rencontre est ouverte à tous et a pour but de réunir les différents acteurs de l’AAD afin de poursuivre le travail de fond initié ces dernières années.

Les différents sujets cités ci-dessus seront abordés au cours de conférences et groupes de travail.

L’APAAD sera bien sûr présent pour la poursuite de ce travail collaboratif entre professionnels et usagers.

En cette rentrée 2019, c’est donc avec espoir que nous regardons vers les mois à venir, pour que l’accouchement à domicile, ne soit pas seulement un droit, mais qu’il devienne aussi un choix possible pour toutes les femmes qui le désirent et dont la grossesse se déroule sans encombre, accompagnées par les professionnels formés de leur choix.

 

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Communiqué février 2019

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Version pdf du communiqué février 2019

Accouchement à domicile :

quand les femmes crient dans le désert

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(image libre de droits)

Ce lundi 11 février 2019, les femmes souhaitant accoucher à domicile voient leur accès au libre exercice de leur choix encore reculer avec la suspension pour une durée de deux ans d’une sage-femme dans la région Occitanie.

Une sanction lourde prise dans le cadre d’une procédure ordinale exceptionnelle, et semble-t-il récente puisque créée en 2014[1], comportant une expertise collégiale dont le rapport ne concluait pourtant pas à une insuffisance professionnelle pouvant induire un risque pour la sécurité des patientes.

Cette suspension a été rendue effective à l’issue d’un préavis de seulement deux semaines et n’est pas susceptible de recours suspensif, la sage-femme ne pouvant désormais se tourner que vers le Conseil d’Etat.

Cette suspension rejaillit sur ses patientes qui doivent désormais, parfois en urgence, réorganiser leur suivi de grossesse et leur accouchement, sans égard pour leur besoin essentiel de sécurité émotionnelle et de sécurité dans la relation de soins.

A l’heure actuelle, huit autres sages-femmes sont sous le coup d’une procédure administrative, judiciaire ou disciplinaire. Soit, selon nos estimations, environ 10% de l’ensemble des professionnels de santé accompagnant les accouchements à domicile.

Toutes leurs patientes sont placées sous la même épée de Damoclès que celles de la sage-femme suspendue le 11 Février.

Une longue liste de procédures qui s’ajoutent aux radiations déjà entérinées au cours des dernières années.

Depuis la création de l’association, nous rencontrons régulièrement des professionnels de santé et leurs représentants. Il nous est expliqué que l’intégration de l’accouchement à domicile dans l’offre de soins est complexe mais qu’elle peut être réfléchie. Il nous est assuré que notre droit au choix n’est en aucune manière remis en cause et qu’il n’est pas victime de pressions spécifiques mais seulement soumis aux mêmes considérations de sécurité.

Dans un incessant ping-pong, les acteurs se renvoient la charge des difficultés rencontrées par les femmes et sages-femmes.

Nous ne cherchons pas de coupable. Mais nous attendons néanmoins que les décisionnaires politiques et sanitaires se montrent, enfin, à la hauteur de l’ensemble de leurs responsabilités vis à vis des femmes et plus uniquement prompts à se saisir de la question de l’accouchement à domicile qu’au seul travers des signalements, plaintes et sanctions contre les professionnels de santé accompagnant ces femmes.  

La première de leurs responsabilités est d’entendre et de répondre à nos préoccupations et besoins en périnatalité, sans paternalisme

L’attente d’une véritable diversité dans les types et lieux de prise en charge des grossesses et accouchements ne peut plus être à ce point ignorée, temporisée ou renvoyée à des échéances non définies.

En demandant cette diversité dans l’offre de soins, qu’il s’agisse du soutien à l’accompagnement global en accouchement à domicile ET en maison de naissance, ET de la création des maisons de naissance indépendantes, ET du développement des plateaux techniques ET des filières physiologiques, ET de la réaffirmation de la place de la physiologie et de la juste médicalisation personnalisée entre les murs des maternités, …, les femmes n’agissent pas en inconscientes et ne bradent pas elles-mêmes leur propre sécurité et encore moins celle de leurs enfants.

Au vu des exemples développés hors de nos frontières, ces arguments sont au mieux fallacieux au pire insultants vis à vis des femmes.

La seconde est de ne plus jouer à la politique de l’autruche : les naissances à la maison continueront d’exister

Nous le répéterons jusqu’à être entendus : miser sur la disparition des sages-femmes pour éradiquer l’accouchement à domicile ne fera pas disparaître les naissances à la maison. Certaines femmes choisiront d’accoucher seules, la niche se retrouvera investie par des accompagnants non médicaux et l’accouchement à domicile accompagné par une sage-femme subsistera dans la clandestinité.

L’histoire a déjà témoigné dans le passé de la résistance des femmes lorsque leurs droits sont menacés, leur corps kidnappé, leur (non) choix dicté, ainsi que de la résistance des praticiens de santé lorsqu’il s’agit, malgré tout, de rester à leur côtés.

Là résident les véritables risques pour la sécurité des femmes et des enfants.

La troisième est de garantir une évaluation juste, harmonisée, équitable et transparente des différentes offres de soins et des professionnels concernés

Au cours des dernières années, les témoignages sur les violences obstétricales ont enfin trouvé un écho dans l’espace public. Non recherche du consentement, non respect des refus d’actes et gestes comme l’épisiotomie ou les touchers vaginaux, réalisation d’actes contraires aux recommandations de bonnes pratiques telle que l’expression abdominale, …

Les plaintes de ces patientes ont-elles été enregistrées, soutenues par les autorités professionnelles et sanitaires, instruites ? Ont-elles amené des condamnations ordinales aussi lourdes que celles opposées aux sages-femmes pratiquant les accouchements à domicile ?

Les instances sanitaires ont-elles de leur proche chef régulièrement signalé ces agissements comme elles peuvent le faire dans le cadre des accouchements à domicile ?

Dans combien de condamnations ordinales le non respect des recommandations de bonnes pratiques a t-il été opposé au praticien de santé hospitalier incriminé comme cela est régulièrement opposé aux sages-femmes accompagnant les accouchements à domicile ?

Autant de questions auxquelles il est difficile d’obtenir des réponses et qu’il serait urgent de clarifier dans le cadre du principe de la démocratie sanitaire.

La dernière est d’offrir enfin un cadre d’existence à cette offre de soins

Il est nécessaire de préciser que les blocages ne sont pas nécessairement du côté des professionnels de santé hospitaliers comme il est souvent avancé. Si certains restent sourds, d’autres sont à l’écoute de nos demandes et s’impliquent pour faciliter la collaboration ville/hôpital.

Côté institutionnel, l’accouchement à domicile est systématiquement écarté du champ des recommandations de bonnes pratiques, à juste titre puisqu’étant hospitalo-centrées. Malgré cela, elles sont régulièrement opposées aux sages-femmes libérales.

La fluidité des transferts reste à la charge des professionnels de terrain, sages-femmes certes mais également urgentistes et équipes hospitalières, sans qu’aucune organisation en amont n’ait été réfléchie afin de leur apporter le soutien nécessaire.

Nous demandons donc à ce que les instances professionnelles et sanitaires qui se saisissent de tous les moyens possibles pour sanctionner les sages-femmes mettent la même énergie à enfin garantir l’accès aux femmes à cette offre de soins en mettant en oeuvre des recommandations de bonnes pratiques adaptées et des modalités d’organisation de la collaboration interprofessionnelle autour de la patiente.

Cette demande est d’autant plus légitime que l’accouchement à domicile est en parfaite adéquation avec les objectifs de la Stratégie Santé 2022[2] concernant le virage ambulatoire, le développement des soins primaires, de la coordination des professionnels de santé ville/hôpital et des parcours de soin alternatifs à l’hospitalisation conventionnelle, dans le respect du choix des patients.

Pour résumer : à quand une réelle politique périnatale volontariste centrée sur les besoins des femmes et des couples ?

Le comité de soutien créé par les patientes et consoeurs de la sage-femme sous le coup de la suspension d’exercice a mis en place une cagnotte pour l’aider à faire face aux frais de procédure : [lien]

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[1] Décret n° 2014-545 du 26 mai 2014 relatif aux procédures de contrôle de l’insuffisance professionnelle et aux règles de suspension temporaire des médecins, des chirurgiens-dentistes, des sages-femmes, des pharmaciens, des infirmiers, des masseurs-kinésithérapeutes et des pédicures-podologues : https://www.legifrance.gouv.fr/eli/decret/2014/5/26/AFSH1400978D/jo/texte
[2] Stratégie nationale de Santé 2018-2022 : https://solidarites-sante.gouv.fr/IMG/pdf/dossier_sns_2017_vdef.pdf